Après l’Aïd El Adha, des milliers de peaux d’ovins finissent habituellement abandonnées ou détruites malgré leur valeur économique. Cette année, les autorités algériennes relancent une campagne nationale de collecte avec un objectif affiché : transformer cette ressource souvent négligée en matière première destinée à l’industrie du cuir et du textile.
Une campagne nationale de collecte déployée dans plusieurs wilayas
Le ministère de l’Industrie a annoncé le lancement officiel de l’opération nationale de récupération des peaux de moutons issues du sacrifice de l’Aïd El Adha. À travers cette initiative, les autorités rappellent que la peau ovine constitue une ressource industrielle qu’il convient de préserver et de valoriser.
La campagne mobilise plusieurs intervenants sur le terrain afin d’assurer la collecte, le transport et le traitement des peaux récupérées. Parmi les acteurs impliqués figurent notamment le groupe public GETEX, les autorités locales, les services techniques, les associations, les équipes de collecte ainsi que les Centres d’enfouissement technique (CET).
L’opération couvre plusieurs étapes essentielles : la récupération des peaux, leur acheminement vers les centres spécialisés, leur tri puis leur transformation industrielle, avec l’ambition de limiter les pertes de matières réutilisables.
Réduire le gaspillage et structurer la filière des peaux d’ovins
Chaque année, la gestion des peaux après l’Aïd constitue un défi logistique et environnemental. Une partie importante de ces matières est abandonnée dans les rues, jetée dans les décharges ou détériorée faute de conditions de conservation adaptées.
À travers cette campagne, les pouvoirs publics cherchent à mieux structurer une filière confrontée à ces difficultés récurrentes. Une meilleure organisation de la collecte et du stockage doit permettre de préserver la qualité des peaux et d’augmenter leur potentiel de transformation industrielle.
L’accent est également mis sur la coordination entre les différents acteurs mobilisés afin d’optimiser le traitement des matières récupérées et de garantir leur exploitation dans des conditions conformes aux besoins des industriels.
Un levier pour l’industrie du cuir et l’économie circulaire
Les autorités voient dans cette opération un moyen de renforcer la valorisation des ressources locales et de soutenir certaines branches industrielles nationales, notamment les secteurs du cuir et du textile.
Les peaux collectées peuvent alimenter plusieurs chaînes de production, réduisant ainsi le recours à certaines matières importées. Cette approche s’inscrit plus largement dans la stratégie nationale de promotion de l’économie circulaire et de réduction du gaspillage.
À travers cette campagne, le ministère de l’Industrie entend promouvoir une logique de transformation productive : faire d’un résidu souvent considéré comme un déchet une matière première capable d’alimenter les usines locales et de créer davantage de valeur ajoutée au sein de l’économie nationale.
