Le passeport algérien ne permet plus d’obtenir un visa à l’arrivée au Cap-Vert. Depuis le 1er janvier 2026, l’archipel a durci ses conditions d’entrée et impose désormais l‘obtention préalable d’un visa aux ressortissants de 96 nationalités, dont l’Algérie. Cette réforme met fin à une facilité qui simplifiait grandement le voyage vers cette destination de l’Atlantique.
Jusqu’à présent, les voyageurs pouvaient réaliser un pré-enregistrement en ligne, régler les frais correspondants, puis récupérer leur visa directement à leur arrivée sur le sol capverdien. Cette procédure passait par le portail électronique officiel EASE.
Désormais, cette plateforme n’autorise plus le paiement des frais de visa au moment de l’arrivée. Le site de pré-enregistrement affiche clairement la nouvelle consigne : chaque voyageur concerné doit impérativement disposer de son visa avant de monter à bord de son vol.
Le passeport algérien parmi les 96 nationalités désormais soumises au visa
Cette évolution découle de l’arrêté n°244/GMAI//2025, publié au Boletim Oficial n.º 223 (IIe Série) le 24 novembre 2025. Ce texte fixe officiellement la liste des pays soumis à l’obligation de visa, conformément à la réglementation régissant l’entrée et le séjour des étrangers dans l’archipel.
Le décret indique que cette obligation couvre trois types de documents : les visas d’entrée, les visas de transit et les visas de correspondance aéroportuaire. Les détenteurs d’un passeport algérien figurent parmi les 96 nationalités visées par cette nouvelle exigence.
Concrètement, tout voyageur qui se présente sans visa valide s’expose à un refus. Ce refus peut concerner l’entrée sur le territoire, mais aussi un simple transit ou une escale au Cap-Vert. La mesure ne laisse donc aucune marge de manœuvre à l’arrivée.
Les exceptions accordées à certaines catégories de voyageurs
L’obligation de visa préalable connaît toutefois plusieurs exceptions liées au statut du voyageur. Les personnes titulaires d’un titre de séjour valide échappent à cette contrainte, sous certaines conditions géographiques précises.
Sont ainsi dispensés les résidents légaux du Cap-Vert, mais aussi ceux d’un pays de l’Union européenne, du Royaume-Uni, de la Suisse, des États-Unis, du Canada ou du Brésil. Cette exemption s’étend également au personnel navigant de l’aviation civile internationale et aux porteurs de laissez-passer délivrés par des organisations internationales reconnues.
Des règles particulières pour la diaspora et les diplomates
Les membres de la diaspora et le corps diplomatique bénéficient d’un traitement spécifique. Les anciens ressortissants capverdiens ayant adopté une autre nationalité, ainsi que leurs conjoints et enfants mineurs, sont exemptés sur présentation de justificatifs d’état civil.
La dispense concerne aussi les consuls honoraires du Cap-Vert et les agents de missions étrangères munis d’une carte d’identité délivrée par le ministère des Affaires étrangères de l’archipel. Ces catégories conservent un accès facilité malgré le durcissement général.
Enfin, les détenteurs de passeports diplomatiques, officiels ou de service ne relèvent pas de la procédure classique. Les personnes voyageant pour une mission officielle, à l’invitation des autorités capverdiennes, se verront octroyer un visa diplomatique, officiel ou de courtoisie, selon les dispositions légales en vigueur.
Les démarches à accomplir avant de voyager avec un passeport algérien
Pour les voyageurs munis d’un passeport algérien, la marche à suivre change radicalement. Ils doivent désormais entamer leurs démarches de visa en amont, auprès d’une ambassade ou d’un consulat du Cap-Vert, bien avant la date prévue de départ.
Le pré-enregistrement en ligne via le portail EASE ne suffit plus pour franchir la frontière. Même en réglant les frais à l’avance, il devient impossible d’obtenir un visa au comptoir d’arrivée. La demande doit être finalisée et validée avant l’embarquement.
Cette nouvelle règle vise l’ensemble des voyageurs algériens, hormis les profils explicitement listés dans l’arrêté n°244/GMAI//2025. Toute personne qui embarque sans document valide court le risque d’un refoulement, que ce soit pour une entrée, un transit ou une escale technique.
Une tendance qui se généralise pour les voyageurs maghrébins
Cette décision du Cap-Vert s’inscrit dans un mouvement plus large observé à travers plusieurs pays. De nombreux États révisent actuellement leurs procédures d’immigration, resserrant les conditions d’accès pour mieux encadrer les flux de voyageurs venus notamment du Maghreb.
Pour les Algériens habitués aux formalités simplifiées, ce changement impose une anticipation accrue. Il devient essentiel de vérifier les exigences en vigueur avant tout projet de déplacement, tant les règles évoluent rapidement d’une destination à l’autre.
Le renforcement des contrôles à l’entrée du Cap-Vert rappelle l’importance de préparer chaque voyage avec rigueur. Les titulaires d’un passeport algérien ont désormais tout intérêt à consulter les représentations diplomatiques concernées afin d’éviter toute mauvaise surprise à l’aéroport.
