L’importation des moutons de l’Aïd en Algérie fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire de grande ampleur. Cette opération, décidée en amont de l’Aïd El-Adha 2026 pour garantir l’approvisionnement du marché national, a conduit 41 personnes devant la justice. Cadres de la Société algérienne des viandes rouges (Alviar) et opérateurs privés ont été déférés devant le pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed.
Treize suspects placés en détention provisoire dans l’affaire des moutons de l’Aïd
Le juge d’instruction de la sixième chambre du pôle économique et financier a prononcé le placement en détention provisoire de 13 personnes mises en cause. Parmi elles figurent des responsables de premier plan d’Alviar, entreprise publique rattachée au groupe Agrolog.
Le directeur général de la société, son directeur des ressources humaines et son directeur financier comptent parmi les suspects écroués. Ces dirigeants occupaient des postes clés dans le pilotage de cette vaste opération d’approvisionnement en bétail.
Des chefs d’accusation lourds
Les personnes poursuivies dans ce dossier font face à plusieurs infractions graves. Elles sont notamment visées pour trafic d’influence, blanchiment d’argent et détournement de deniers publics.
Les magistrats cherchent à établir les responsabilités individuelles de chaque intervenant dans la conduite de ce programme national. L’instruction se poursuit afin de faire la lumière sur les éventuelles défaillances constatées.
Une importation d’un million de moutons pour l’Aïd El-Adha
Le recours à l’importation de moutons destinés à l’Aïd avait été validé par les autorités algériennes pour deux raisons majeures. Il s’agissait de répondre à une demande soutenue des ménages tout en contenant la flambée des prix sur le marché intérieur.
L’opération portait sur un million de têtes de bétail au total. Ces animaux devaient être acheminés depuis plusieurs pays par voie maritime, avant d’être répartis dans les différentes wilayas du territoire national.
Alviar avait reçu la mission de coordonner l’intégralité du dispositif. L’entreprise supervisait l’ensemble de la chaîne, de la réception des bêtes importées jusqu’à leur mise en vente dans des points de distribution spécialement dédiés.
Une logistique d’envergure nationale
Ce programme a nécessité la mobilisation de moyens considérables sur le plan logistique. Plusieurs administrations et services de contrôle ont été associés à sa mise en œuvre.
La complexité de ce circuit d’approvisionnement, combinée aux volumes financiers engagés, explique en partie l’attention portée par la justice à ce dossier sensible pour les consommateurs algériens.
Une enquête susceptible de s’étendre à d’autres responsables
Le volet judiciaire de cette affaire est loin d’être refermé. Selon les premiers éléments recueillis, les investigations restent ouvertes et pourraient impliquer de nouveaux protagonistes.
De nouvelles auditions sont envisagées, visant d’autres responsables ayant participé à l’organisation de cette opération d’importation. Le périmètre de l’enquête pourrait donc s’élargir dans les prochaines semaines.
Au vu des sommes mobilisées et de l’enjeu que représente ce programme pour la population, la justice s’attache à vérifier la conformité des procédures. Les aspects administratifs, financiers et commerciaux du dispositif sont passés au crible.
Présomption d’innocence pour les personnes poursuivies
À ce stade de la procédure, l’ensemble des mis en cause bénéficient de la présomption d’innocence. Aucune culpabilité n’a encore été établie par les autorités judiciaires.
C’est à l’instruction qu’il reviendra de déterminer si des irrégularités ont réellement entaché cette importation de bétail. L’opération figure parmi les initiatives d’approvisionnement les plus importantes lancées ces dernières années par les pouvoirs publics algériens.
Cette affaire illustre la volonté affichée des autorités de renforcer le contrôle sur les grandes opérations économiques financées par l’État. Les conclusions de l’enquête seront scrutées de près, tant l’approvisionnement en moutons pour l’Aïd demeure une question sociale sensible en Algérie.


