Sur le marché noir des devises en Algérie, l’euro poursuit son recul face au dinar algérien en ce samedi 11 juillet 2026. La monnaie unique européenne touche son plus bas niveau depuis le début du mois, portée par une abondance d’offres caractéristique de la saison estivale.
D’après les relevés publiés par les plateformes spécialisées dans le change informel, l’euro se négocie désormais à 276 dinars à la vente et 274 dinars à l’achat. Comparé aux cotations du 9 juillet, la devise cède ainsi entre 1 et 2 dinars.
Pour les transactions habituelles, 100 euros valent 27 600 dinars, 500 euros atteignent 138 000 dinars et 1 000 euros s’échangent contre 276 000 dinars. Ces barèmes s’appliquent chez les cambistes de tout le pays, avec de légères nuances selon les villes comme Alger, Oran ou Constantine.
Un euro au plus bas depuis le début juillet sur le marché parallèle
Le seuil de 276 dinars représente le point le plus bas enregistré depuis le début du mois. Lors des semaines antérieures, la monnaie européenne oscillait plutôt entre 278 et 279 dinars sur le circuit informel.
Cette glissade traduit un renversement de tendance après une phase de relative stabilité. Les données compilées par les sites de suivi du change confirment un mouvement continu à la baisse depuis plusieurs jours.
Ce repli reste toutefois mesuré et s’inscrit dans une fourchette étroite. Les observateurs du marché noir surveillent désormais si cette dynamique se maintiendra durant les prochaines semaines de l’été.
L’écart toujours béant avec le taux officiel du dinar algérien
Malgré cette accalmie sur le marché parallèle, le fossé avec le taux réglementé demeure considérable. Le 9 juillet 2026, la Banque d’Algérie a établi la parité officielle de l’euro à 152,11 dinars à la vente et 152,08 dinars à l’achat.
La différence entre les deux circuits dépasse ainsi les 123 dinars pour un seul euro. Ce déséquilibre structurel illustre les difficultés d’accès aux devises via les banques et une demande que les canaux légaux ne parviennent pas à satisfaire.
Faute d’alternatives suffisantes, particuliers et acteurs économiques continuent de recourir au marché informel pour obtenir des monnaies étrangères. De leur côté, les bureaux de change agréés proposent des taux intermédiaires, sans jamais atteindre ceux du circuit officiel.
Les facteurs saisonniers derrière la baisse de l’euro
Le fléchissement récent s’explique avant tout par une disponibilité accrue de devises sur le marché parallèle. Pendant les congés d’été, de nombreux Algériens installés à l’étranger reviennent au pays et convertissent leurs euros, gonflant ainsi l’offre.
Cette période coïncide traditionnellement avec une intensification des flux de devises venus de la diaspora établie en Europe. Parallèlement, les départs en vacances vers la France, l’Espagne ou l’Italie alimentent une demande soutenue.
Pour l’heure, l’afflux de monnaie étrangère semble surpasser cette demande estivale, ce qui pousse les cours à la baisse après une phase stable. Les cambistes rapportent d’ailleurs une activité renforcée et des volumes d’échanges en progression.
Un phénomène récurrent lié à la diaspora maghrébine
Ce mécanisme se retrouve dans plusieurs pays du Maghreb, où les transferts de la diaspora rythment le marché des devises. En Algérie, la forte dépendance au circuit informel amplifie l’impact de ces mouvements saisonniers sur la valeur de l’euro.
Quelles perspectives pour l’euro face au dinar algérien ?
Les prochaines évolutions dépendront de l’équilibre entre les devises apportées par les émigrés et la demande générée par les voyages vers l’Europe. Ces flux saisonniers restent le principal moteur des variations sur le marché noir.
La tendance baissière pourrait se prolonger si l’offre continue de dépasser la demande dans les jours à venir. À l’inverse, un tarissement des arrivées de la diaspora ou une hausse des départs pourraient renverser rapidement cette dynamique.
En définitive, la baisse actuelle de l’euro face au dinar algérien reflète un jeu d’offre et de demande étroitement lié au calendrier estival. Les semaines à venir diront si ce repli s’installe durablement ou s’il ne constitue qu’une parenthèse conjoncturelle.
