La présidentielle en France connaît un rebondissement majeur avec l’entrée en lice de Ségolène Royal. Face à une Marine Le Pen donnée favorite pour 2027, l’ancienne ministre entend bouleverser les pronostics. À moins de dix mois de l’échéance, une marge de manœuvre subsiste pour renverser la dynamique.
Finaliste de la présidentielle de 2007 et ancienne ministre de l’Écologie, Ségolène Royal a officialisé sa candidature le vendredi 10 juillet. Réputée proche de l’Algérie, elle a annoncé sa participation à la primaire du Parti socialiste. Cette décision se profilait depuis le lancement de son initiative baptisée « l’ordre juste », en mai dernier.
Présidentielle en France : Ségolène Royal en croisade contre l’extrême droite
Dans un message diffusé sur la plateforme X, l’ex-candidate socialiste a expliqué que la perspective d’une victoire de Marine Le Pen a motivé son engagement. Elle refuse de rester passive face à cette possibilité.
« L’extrême droite, aux portes du pouvoir : comment pourrais-je ne rien faire face à l’hypothèse selon laquelle la première femme de l’histoire de France qui accéderait à la présidence en serait issue ? », a-t-elle écrit.
Selon ses propres mots, sa décision est le fruit de nombreux échanges avec des élus, des citoyens et des acteurs du monde associatif et entrepreneurial. Elle assure agir « avec humilité, sans égo, et sans posture de supériorité comme on en voit trop ».
Pour la candidate, le pays est « secoué par de multiples crises » et aspire à « un avenir rassurant pour retrouver une France tranquille et confiante en son destin ». Sur cette base, elle a détaillé les axes de son programme.
Un programme centré sur « l’ordre juste »
La probable représentante socialiste place en tête de ses ambitions « un ordre juste dans tous les domaines ». Objectif : restaurer le pouvoir d’achat, relancer l’économie sans démanteler les protections sociales et combattre l’inflation.
Cet ordre juste s’étend aussi à « l’éducation, la santé et la sécurité quotidienne ». Ancienne présidente du sommet climatique de la COP21, elle accorde une place centrale à « l’urgence climatique », promettant d’appliquer avec vigueur les engagements pris.
« L’urgence énergétique » figure également parmi ses priorités. Elle envisage des mesures ciblées pour les TPE, PME, entreprises artisanales, industrielles et agricoles frappées par la hausse des tarifs de l’énergie.
La responsable socialiste défend par ailleurs la notion d’un « État fort », assortie d’une politique de « zéro tolérance » face aux violences envers les enfants, aux agresseurs et aux auteurs de violences sexuelles.
Présidentielle en France : un triple défi pour l’amie de l’Algérie
Sur le terrain diplomatique, Ségolène Royal se réclame de l’héritage de Charles de Gaulle, de François Mitterrand et de Jacques Chirac. Elle souhaite redonner à la France son rôle historique de « puissance médiatrice » œuvrant partout « à la paix juste et durable ».
Reste une question centrale : ce projet suffira-t-il à lui offrir la revanche de 2007, année où elle s’était inclinée face à Nicolas Sarkozy ? Rien n’est acquis, tant les obstacles se dressent devant elle.
Trois épreuves à surmonter
Le premier écueil consiste à convaincre les militants socialistes de lui confier leur confiance lors de la primaire. Sans ce soutien interne, sa candidature ne pourra pas décoller.
La deuxième difficulté réside dans l’union de la gauche autour d’une candidature unique. C’est la seule voie pour empêcher un second tour opposant l’extrême droite au bloc central.
Enfin, le troisième et principal défi serait d’affronter Marine Le Pen, aujourd’hui assurée d’accéder au duel final selon les enquêtes d’opinion. C’est là que se jouerait la véritable bataille.
Les sondages convergent : la fille de Jean-Marie Le Pen rassemblerait jusqu’à 36 % des suffrages au premier tour et l’emporterait au second, quel que soit son adversaire, mais avec une avance limitée. Cet écart réduit laisserait une chance à Ségolène Royal, si elle parvient jusque-là.
Un atout majeur pour les relations franco-algériennes
Une victoire de la socialiste représenterait une avancée décisive pour le lien entre Paris et Alger. Durant les longs mois de tensions, la présidente de l’association France-Algérie (AFA) n’a cessé d’agir en faveur du rapprochement entre les deux nations.
Elle a notamment multiplié les déplacements en Algérie pour entretenir le dialogue et apaiser les crispations. Son parcours et ses convictions font d’elle une figure attendue par ceux qui espèrent une relance de la coopération bilatérale.
La présidentielle en France s’annonce ainsi comme un rendez-vous décisif, où l’engagement de Ségolène Royal pourrait redistribuer les cartes à gauche. Reste à savoir si son projet parviendra à mobiliser au-delà de son camp pour contrer la dynamique de l’extrême droite.
