Le prix du pétrole pourrait connaître une envolée spectaculaire dès l’ouverture des marchés lundi. En cause : la mise à l’arrêt de l’oléoduc Est-Ouest saoudien, une infrastructure stratégique endommagée par des frappes de drones. Selon les autorités de Riyad, ces attaques proviendraient du territoire irakien.
Un oléoduc saoudien endommagé fait craindre une flambée du pétrole
Le réseau touché permet à l’Arabie saoudite d’exporter une part de sa production sans emprunter le détroit d’Ormuz. Sa suspension intervient dans un climat déjà tendu au Moyen-Orient. Les investisseurs redoutent désormais un choc sur l’offre mondiale de brut.
Actuellement établi autour de 104 dollars le baril, le Brent pourrait subir une hausse brutale. Tout dépendra de la rapidité avec laquelle les installations pourront être remises en service. Les marchés pétroliers surveilleront donc de près l’évolution de la situation.
Vers un baril à 150 dollars selon les experts
Pour Damien Ernst, professeur à l’Université de Liège et spécialiste des questions énergétiques, l’impact pourrait s’avérer massif. L’expert n’exclut pas de voir le cours atteindre 150 dollars dès lundi si les réparations traînent.
« Je pense qu’on va sans doute s’orienter vers un baril à 150 dollars s’ils ne parviennent pas à réparer rapidement le pipeline », avertit-il. Le chercheur s’appuie sur des clichés qu’il a pu consulter concernant les dégâts subis par l’infrastructure.
Ses observations sont particulièrement alarmantes. « J’ai vu des photos des stations de pompage. L’une d’elles est complètement détruite. Ça risque de prendre des semaines, voire des mois pour la réparer. C’est absolument catastrophique », insiste-t-il.
Une infrastructure clé pour les exportations pétrolières de Riyad
Vendredi, les autorités saoudiennes ont officialisé l’interruption provisoire des opérations sur cet axe majeur. Cette décision fait suite aux frappes survenues jeudi matin. Les attaques ont fait plusieurs blessés et provoqué des dommages sur diverses installations connectées au réseau.
D’après le ministère saoudien des Affaires étrangères, les engins utilisés lors de ces offensives auraient été lancés depuis l’Irak. Cette attribution ajoute une dimension géopolitique supplémentaire à une crise énergétique naissante.
Sept millions de barils par jour en jeu
L’oléoduc Est-Ouest représente un maillon essentiel du dispositif d’exportation de l’Arabie saoudite. Sa capacité de transport atteint l’équivalent de sept millions de barils quotidiens. Un volume considérable à l’échelle du marché mondial.
Le rôle de cette conduite s’est renforcé depuis le déclenchement du conflit régional. Riyad y a de plus en plus recours pour convoyer son brut vers les terminaux de la mer Rouge. L’objectif : contourner le détroit d’Ormuz, un passage devenu risqué.
Le pétrole sous pression dans un contexte régional tendu
Cette fermeture survient alors que les perturbations du transport maritime de brut se multiplient déjà. Les tensions accumulées dans la région pèsent lourdement sur l’équilibre entre l’offre et la demande d’or noir.
La durée des travaux de remise en état constituera le facteur déterminant. Chaque semaine de retard renforcerait la pression haussière sur les cours. Les opérateurs anticipent donc une reprise des échanges sous haute tension dès lundi.
La trajectoire du Brent dans les prochains jours dépendra étroitement de la capacité saoudienne à rétablir cette artère vitale. Une réparation rapide pourrait limiter la casse, tandis qu’un chantier long alimenterait durablement la volatilité des prix pétroliers.




