Le pétrole envoie des signaux favorables à l’économie algérienne. Alors que la production nationale de brut vient de dépasser le seuil symbolique du million de barils par jour, les cours mondiaux repartent nettement à la hausse et s’approchent des 100 dollars le baril. En l’espace de deux semaines seulement, le prix du baril a gagné près de 10 dollars, offrant une bouffée d’oxygène aux finances publiques.
Le 25 août dernier, le baril de Brent, référence pour les exportations algériennes, s’échangeait autour de 88 dollars. Ce mardi 8 septembre, il a terminé la séance à 97,14 dollars, après avoir brièvement atteint 99,46 dollars, tout près du seuil psychologique des 100 dollars.
Pétrole : les cours de l’or noir bondissent de 30 dollars en deux mois
La trajectoire du marché pétrolier a été mouvementée ces derniers mois. Après une envolée en mars et avril, provoquée par le déclenchement du conflit américano-israélien contre l’Iran, les prix avaient reculé sous la barre des 70 dollars début juillet. Ce repli faisait suite à l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran.
Deux mois plus tard, la donne a totalement changé : les cours du brut ont repris environ 30 dollars. Ce rebond spectaculaire témoigne de la forte sensibilité du marché aux tensions géopolitiques qui traversent le Moyen-Orient.
La flambée actuelle est en grande partie alimentée par la situation régionale. Les attaques menées par les rebelles houthis contre plusieurs installations pétrolières en Arabie saoudite, l’un des principaux producteurs et exportateurs mondiaux, pèsent lourdement sur l’offre disponible.
Le marché surveille par ailleurs de près l’évolution du dossier iranien. Les autorités de Téhéran ont annoncé dimanche l’instauration prochaine d’une nouvelle « zone interdite » à proximité du détroit d’Ormuz, un point de passage stratégique pour le transport mondial d’hydrocarbures.
Hausse des prix et de la production : une double aubaine pour l’Algérie
Cette nouvelle vague haussière des prix du pétrole représente une opportunité majeure pour l’économie algérienne. Le pays tire en effet l’essentiel de ses recettes en devises de l’exportation de ses hydrocarbures.
L’Algérie devrait donc engranger davantage de revenus grâce à ses livraisons de brut. Le raffermissement des cours mondiaux intervient d’ailleurs au moment où la production nationale franchit le cap du million de barils quotidiens, à la faveur d’une décision prise au début du mois précédent.
Une décision de l’OPEP+ qui augmente les volumes algériens
Le 2 août, les ministres concernés des sept États du groupe de concertation au sein de l’OPEP+ — Algérie, Arabie saoudite, Irak, Kazakhstan, Koweït, Sultanat d’Oman et Russie — ont acté une hausse progressive de leur production collective. Celle-ci s’élève à 188 000 barils par jour à compter de septembre 2026.
Dans le cadre de cet accord, la production algérienne devait progresser de 6 000 barils par jour au cours du mois de septembre. Elle atteindrait ainsi 1,007 million de barils quotidiens, selon les précisions communiquées par le ministère des Hydrocarbures.
Deux bonnes nouvelles pour compenser une facture d’importations élevée
La combinaison de la remontée des prix du brut et du franchissement du seuil d’un million de barils par jour constitue une double bonne nouvelle pour les caisses de l’État. Elle survient après une année 2025 durant laquelle les importations ont dépassé les 60 milliards de dollars.
Cette hausse des achats à l’étranger s’explique en grande partie par les vastes chantiers d’investissement engagés dans les infrastructures de base et le secteur minier. Ces dépenses ont pesé sur la balance commerciale du pays.
Plusieurs projets d’envergure ont été mis en service en 2025. Parmi eux figurent la ligne ferroviaire Béchar – Gara Djebilet, longue de 950 kilomètres, ainsi que l’exploitation du gigantesque gisement de minerai de fer de Gara Djebilet.
À cela s’ajoutent d’autres initiatives structurantes, comme le renouvellement de la flotte de la compagnie Air Algérie et le lancement de la ferme géante d’Adrar, développée en partenariat avec le groupe Baladna.
Portée par la conjoncture pétrolière favorable et par la montée en puissance de sa production, l’Algérie dispose désormais de marges accrues pour financer ses ambitions économiques. Reste à savoir si cette embellie sur les marchés mondiaux s’inscrira dans la durée, dans un contexte géopolitique toujours instable.




