Décrocher un visa Schengen pour la France ne constitue jamais un acquis définitif, même après plusieurs séjours réguliers. L’affaire d’un couple algérien septuagénaire, débouté jusque devant la justice administrative, en apporte une nouvelle démonstration. Un dossier qui rappelle les critères stricts appliqués aux demandes de court séjour.
Un couple algérien de plus de 70 ans confronté au refus de visa Schengen
Un ressortissant algérien et son épouse, respectivement âgés de 74 et 73 ans, ont sollicité un visa de court séjour de type Schengen C auprès du consulat de France à Alger. Leur objectif : rendre visite à leurs proches installés sur le territoire français.
Malgré leur âge avancé et un historique de déplacements, le consul a opposé un refus aux deux demandes. Une décision qui a marqué le début d’un long parcours administratif pour ce couple.
Face à ce premier rejet, les époux ont choisi de ne pas abandonner. Ils ont engagé un recours administratif, espérant obtenir gain de cause devant les instances supérieures chargées d’examiner ce type de contestation.
La sous-direction des visas confirme le rejet de la demande
Le couple a saisi la sous-directrice des visas afin de contester le premier refus. Mais cette dernière a maintenu la position initiale par une décision datée du 23 janvier 2026, refusant à son tour la délivrance des documents demandés.
L’administration a justifié son choix par un risque de détournement de l’objet du visa à des fins migratoires. Selon elle, la situation personnelle des demandeurs et leurs liens familiaux en France laissaient craindre un maintien irrégulier sur le sol français.
En clair, les autorités redoutaient que ce visa touristique serve en réalité à s’installer durablement dans l’Hexagone. Le couple pourrait entrer avec un titre de court séjour, puis ne pas repartir en Algérie une fois celui-ci expiré.
Les éléments retenus par l’administration française
Pour fonder son appréciation, la sous-direction des visas s’est appuyée sur plusieurs facteurs concrets. L’âge des demandeurs, 74 et 73 ans, a d’abord été pris en compte dans l’évaluation du dossier.
À cela s’ajoute l’absence d’attaches jugées suffisamment solides en Algérie, censées garantir leur retour. Enfin, la présence de deux enfants résidant en France a renforcé les soupçons de l’administration quant à un projet migratoire déguisé.
Le motif du détournement de l’objet du visa au cœur du dossier
Le raisonnement des autorités repose sur un déséquilibre entre les liens familiaux. Le couple dispose d’attaches importantes en France, tandis que ses points d’ancrage en Algérie apparaissent, aux yeux de l’administration, insuffisamment démontrés.
Ce déséquilibre nourrit la présomption d’un risque migratoire. C’est précisément sur ce fondement que repose le refus du visa Schengen opposé aux deux époux algériens.
Déterminés à faire valoir leurs droits, ils ont franchi une nouvelle étape en portant l’affaire devant les juges. Par une requête déposée le 4 mai 2026 via leur avocat, ils ont saisi le tribunal administratif de Nantes.
Les arguments avancés devant la justice
Devant la juridiction, le couple a mis en avant son souhait légitime de retrouver enfants et petits-enfants installés en France. Ils ont également affirmé qu’ils seraient intégralement pris en charge par leur famille durant leur séjour.
Enfin, ils ont rappelé avoir toujours obtenu des visas par le passé, jusqu’en 2022. Un argument censé démontrer leur bonne foi et leur respect des règles migratoires lors de leurs précédents voyages.
Pourquoi le tribunal administratif a validé le refus de visa ?
Dans son jugement rendu au début du mois de septembre, le tribunal administratif de Nantes n’a pas suivi le couple. Les juges ont estimé que les arguments présentés ne répondaient pas au motif précis avancé par l’administration.
Pour la juridiction, le désir de rendre visite à la famille, la prise en charge financière annoncée et l’historique de visas obtenus jusqu’en 2022 sont qualifiés d’« inopérants ». Ces éléments ne remettent pas en cause le fondement du refus.
En conséquence, la requête « qui ne comporte que des moyens inopérants » a été rejetée. Le tribunal s’est appuyé sur les dispositions du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Une nuance importante dans la décision
Il convient de souligner une subtilité juridique majeure. Le tribunal n’a jamais affirmé que le couple avait réellement l’intention de s’installer définitivement en France.
Les juges ont simplement estimé que, face au motif retenu par l’administration, les arguments soulevés étaient inadaptés. La justice a donc confirmé la légalité du refus, sans se prononcer sur les véritables intentions des demandeurs.
Cette affaire illustre la rigueur des critères entourant la délivrance des visas de court séjour vers la France. Elle rappelle que la démonstration d’attaches solides dans le pays d’origine reste déterminante, quel que soit l’âge ou l’historique du demandeur.