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Titre de séjour : 400 000 travailleurs bientôt régularisés

Le débat sur le titre de séjour en France prend une nouvelle tournure. Alors que la politique migratoire s’oriente majoritairement vers plus de fermeté et de reconduites à la frontière, un élu socialiste défend une approche radicalement différente. Sa proposition : régulariser 400 000 travailleurs étrangers actuellement en situation irrégulière.

La proposition du député socialiste sur le titre de séjour en France

Invité ce mercredi 14 octobre sur Sud Radio, le député du Parti socialiste Paul Christophe a plaidé pour un changement de cap. Selon lui, la gauche ne doit pas abandonner le terrain de l’immigration à ses adversaires politiques.

L’élu reproche à la droite et à l’extrême droite de porter un discours qu’il juge « idéologique et très irrationnel ». Il appelle à sortir des postures et à traiter la question migratoire avec pragmatisme plutôt qu’avec des slogans.

Donner un titre de séjour à ceux qui travaillent déjà

Pour le parlementaire, des centaines de milliers d’étrangers exercent un emploi en France sans disposer de papiers. Il estime nécessaire de leur accorder un titre de séjour afin de leur permettre d’accéder à une forme de dignité.

« Il doit y avoir 400 000 travailleurs irréguliers en France. Je propose déjà de les régulariser », a-t-il affirmé. Il ajoute qu’au fil du prochain quinquennat, les sans-papiers trouvant un emploi pourraient eux aussi être régularisés progressivement.

Des exemples européens qui inspirent la régularisation

Pour le député, cette orientation n’a rien d’une utopie. Plusieurs pays européens ont déjà emprunté cette voie, par-delà les clivages politiques traditionnels.

L’Espagne, dirigée par une coalition de gauche, a entrepris de régulariser plus de 500 000 travailleurs sans papiers. De son côté, l’Italie, pourtant pilotée par un gouvernement d’extrême droite, prévoit d’accueillir près de 500 000 travailleurs étrangers entre 2026 et 2028.

Ces précédents montrent, selon l’élu, que l’ouverture régulière de voies de régularisation répond d’abord à des besoins économiques concrets. La question dépasse ainsi les étiquettes partisanes habituelles.

« Il faut arrêter avec ce discours sur l’intégration »

Paul Christophe rappelle que ces travailleurs occupent souvent des emplois délaissés mais essentiels au fonctionnement du pays. Il cite notamment les aides-soignants employés dans les EHPAD, en première ligne auprès des personnes âgées.

À ses yeux, il n’existe ni bon ni mauvais étranger. Seules comptent les réalités économiques et administratives qui définissent la place de chacun dans la société française.

Repenser la question de l’intégration

Le député souhaite tourner la page des débats autour de la volonté ou non de s’intégrer. Il préfère défendre une politique migratoire rationnelle, centrée sur l’accès au titre de séjour, au logement et aux droits sociaux.

Cette vision repose sur l’idée qu’un cadre légal stable favorise naturellement l’insertion. Pour l’élu, les droits accordés constituent le véritable levier d’une intégration réussie.

Fermer les CRA et revoir la politique d’éloignement

La proposition de l’élu ne s’arrête pas à la régularisation. Il demande également la suppression des centres de rétention administrative, les fameux CRA, qu’il juge coûteux et peu efficaces.

Selon lui, deux tiers des personnes retenues dans ces structures en ressortent au terme des 90 jours réglementaires. Un bilan qui, à son sens, ne justifie pas les dépenses engagées par l’État.

Cibler les éloignements plutôt que les multiplier

Concernant les obligations de quitter le territoire français, les OQTF, le parlementaire défend une logique de sélectivité. Il estime qu’il faut cesser de vouloir expulser un maximum de personnes chaque année.

La priorité devrait selon lui porter sur les étrangers représentant une menace grave pour l’ordre public. Concentrer les moyens sur ces profils garantirait, dit-il, une politique d’éloignement plus cohérente et plus efficace.

Cette prise de position tranche nettement avec l’orientation dominante du débat migratoire actuel en France. En s’appuyant sur les exemples espagnol et italien, le député socialiste tente de réintroduire une approche fondée sur l’économie plutôt que sur l’idéologie. Reste à savoir si cette proposition trouvera un écho dans les prochaines échéances politiques.

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Abdel
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Journaliste chevronné, je vous propose des articles qui traitent de l'actualité maghrébine et de la diaspora en général.
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