Le démantèlement d’un réseau international de la drogue vient de marquer un tournant dans la lutte antidrogue en Algérie. Les services de la Sûreté nationale ont neutralisé une vaste organisation criminelle et saisi plus de 10 millions de capsules de psychotropes ainsi que 33 kilos de cocaïne. Cette opération, présentée comme la plus importante jamais réalisée par la police algérienne, met en lumière des ramifications s’étendant du Maroc jusqu’à Dubaï.
Un coup majeur contre le trafic international de drogue
Selon un communiqué diffusé jeudi par la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), le Service central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants (SCLTIS) a réussi à faire tomber la structure d’un réseau international organisé. Cette action se solde par la saisie de 10 400 000 capsules de Prégabaline et de 33,4 kilos de cocaïne.
Les autorités qualifient ce bilan d’inédit dans l’histoire des opérations menées par la police algérienne contre les trafiquants de stupéfiants. Il illustre la détermination des services de sécurité face aux barons de la drogue qui alimentent le marché national en substances illicites.
Une enquête lancée dès janvier 2026
L’opération repose sur un long travail de renseignement entamé en janvier dernier par les enquêteurs du SCLTIS. Ces investigations ont permis de cerner les activités d’une organisation criminelle particulièrement dangereuse, active dans l’ouest du pays.
Les policiers ont progressivement identifié plusieurs barons de la drogue de nationalité marocaine, ainsi que leurs complices déjà recherchés par la justice algérienne. Ces figures du narcotrafic pilotaient l’ensemble des opérations depuis le territoire marocain.
Des ramifications à Dubaï et en France
Pour organiser la gestion des fonds et le transfert des revenus criminels, le réseau s’appuyait sur des membres installés à Dubaï, aux Émirats arabes unis. D’autres complices étaient également établis en France, complétant ce dispositif transnational.
Cette configuration montre à quel point ce cartel international de la drogue avait diversifié ses points d’appui. Les circuits financiers étaient dissociés des filières logistiques d’acheminement, une méthode fréquente dans les organisations criminelles de grande envergure.
Des interpellations simultanées dans cinq wilayas
Après avoir reconstitué les itinéraires des cargaisons provenant des wilayas du Sud, les enquêteurs ont déclenché une vaste opération coordonnée. Le Groupement des opérations spéciales de la police (GOSP) est intervenu en appui pour sécuriser les interpellations.
Les arrestations se sont déroulées de manière simultanée dans les wilayas d’Oran, de Tizi Ouzou, d’Alger, de Blida et de Tipasa. Au total, 25 membres de cette organisation criminelle ont été appréhendés, parmi lesquels une femme et un ressortissant étranger.
Un butin évalué à près de 1 000 milliards de centimes
Menée sous la supervision du parquet compétent, cette opération contre le trafic de drogue a permis de saisir des produits dont la valeur marchande avoisine les 1 000 milliards de centimes. Le lot comprend les 10 400 000 capsules de Prégabaline et les 33,4 kilos de cocaïne.
Les enquêteurs ont également mis la main sur 19 véhicules de différentes catégories utilisés par le réseau. Parmi eux figurent un camion semi-remorque équipé d’une citerne ainsi que trois motos, autant de moyens logistiques mobilisés pour l’acheminement des stupéfiants.
Des revenus criminels confisqués
Outre les stupéfiants et le matériel, l’opération a abouti à la confiscation de plus de 1 milliard et 500 millions de centimes. Cette somme correspond aux gains directement issus des activités criminelles de l’organisation démantelée.
La saisie de ces liquidités constitue un volet essentiel de l’enquête, car elle vise à assécher les circuits financiers du narcotrafic. Frapper les revenus des trafiquants complète l’action répressive sur le plan judiciaire.
Les suspects déférés devant la justice
Les personnes interpellées ont été présentées le 20 août 2026 devant le procureur de la République. La procédure s’est tenue au niveau du pôle pénal spécialisé de Sidi M’Hamed, situé à Alger.
Ce pôle judiciaire est chargé du traitement des affaires liées au crime organisé et aux réseaux transnationaux. Le dossier suit désormais son cours devant les instances compétentes, qui devront statuer sur le sort des mis en cause.
Ce démantèlement confirme l’intensification des opérations contre le trafic international de drogue visant l’Algérie depuis l’étranger. En s’attaquant à la fois aux cargaisons, aux têtes de réseau et aux flux financiers, les services de sécurité affichent une stratégie globale face à des organisations criminelles de plus en plus étendues à l’échelle régionale.