L’Algérie a de nouveau remis au Maroc un groupe de migrants au poste-frontière reliant Maghnia à Oujda. Cette opération, la deuxième enregistrée au mois d’août 2026, a concerné 49 ressortissants marocains, dont deux femmes et deux mineurs. Le transfert s’est déroulé par le point de passage terrestre séparant les deux pays voisins.
Une nouvelle remise de migrants marocains à la frontière algéro-marocaine
D’après les informations diffusées par l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation vulnérable (AMSV) sur sa page Facebook, le mercredi 19 août 2026, ce transfert de 49 personnes représente la seconde opération de ce type au cours du mois.
Quelques jours plus tôt, le 12 août 2026, les services algériens avaient déjà remis dix ressortissants marocains à leur pays d’origine, selon la même procédure. Là encore, l’acheminement s’était opéré via le poste-frontière terrestre entre Oujda et Maghnia.
Ce passage, connu côté marocain sous l’appellation de Zouj Beghal, demeure un point sensible malgré la fermeture officielle des frontières terrestres entre les deux États depuis 1994. Il continue toutefois de servir de canal pour les remises de migrants interceptés.
Des candidats à l’émigration arrêtés avant d’atteindre leur destination
Les individus concernés par cette remise sont des Marocains ayant tenté de rejoindre l’Europe en transitant par le territoire algérien. Ils ont été interpellés avant de parvenir au bout de leur parcours migratoire.
L’association qui suit ces dossiers n’a pas communiqué de précisions sur l’identité exacte de ces personnes, ni sur leurs itinéraires ou les destinations qu’elles visaient. L’opération s’inscrit dans une longue série de rapatriements menés par les autorités algériennes vers le Maroc.
Ces transferts périodiques traduisent la persistance des flux migratoires irréguliers dans la région, où de nombreux jeunes Maghrébins tentent de gagner le continent européen par des voies dangereuses.
Le suivi des personnes détenues, disparues ou décédées sur les routes migratoires
L’AMSV précise qu’elle poursuit le traitement de plusieurs dossiers liés à des candidats marocains à l’émigration. Ces cas concernent des personnes emprisonnées, portées disparues ou mortes au cours de leur périple migratoire.
L’organisation indique être régulièrement sollicitée par des familles en quête de nouvelles de leurs proches. Ces demandes affluent depuis différentes régions, souvent dans un climat d’angoisse et d’incertitude quant au sort des migrants partis clandestinement.
Un accompagnement administratif et juridique pour les familles
Les requêtes adressées à l’association portent principalement sur le suivi des procédures judiciaires engagées à l’étranger. Elles concernent aussi l’établissement de l’identité des personnes concernées et la constitution des documents attestant les liens familiaux.
Ce travail administratif a pour objectif de faciliter la reconnaissance des individus arrêtés et de clarifier leur statut. Il vise également, lorsque cela s’avère possible, à organiser leur retour vers le Maroc dans des conditions régulières.
Par ailleurs, l’association fait part de ses préoccupations concernant plusieurs Marocains retenus ou incarcérés en Libye. Elle n’a toutefois pas communiqué le nombre précis de ces personnes ni l’avancement des démarches les concernant.
Les enjeux migratoires dans l’espace maghrébin
Le phénomène migratoire reste une problématique majeure pour l’ensemble des pays d’Afrique du Nord. Le Maroc, l’Algérie, la Tunisie et la Libye constituent des zones de transit privilégiées pour les candidats au départ vers l’Europe.
Les tensions diplomatiques entre Rabat et Alger, dont les relations sont rompues depuis 2021, compliquent la coordination sur ces questions humanitaires. Malgré ce contexte tendu, les remises de migrants au poste-frontière se poursuivent selon un cadre technique établi.
Les associations locales jouent un rôle essentiel dans l’assistance aux migrants et à leurs familles. Elles pallient souvent l’absence de mécanismes officiels de suivi, notamment pour les cas de disparitions ou de décès survenus sur les parcours migratoires.
La remise de ces 49 migrants marocains illustre la régularité de ces opérations frontalières entre les deux voisins maghrébins. Elle rappelle également l’ampleur des drames humains qui se jouent le long des routes migratoires, où de nombreuses familles demeurent sans nouvelles de leurs proches partis chercher un avenir meilleur.