À l’aéroport d’Alger, les stratagèmes destinés à tromper les douaniers finissent parfois par se retourner contre leurs auteurs. Un voyageur régulier vers l’Espagne vient d’en faire l’amère expérience après avoir déclaré une forte somme en dollars tout en dissimulant plusieurs milliers d’euros. L’affaire a été portée devant le tribunal de Dar El Beida.
Un contrôle douanier qui révèle une somme cachée à l’aéroport d’Alger
L’homme avait visiblement misé sur une tactique bien rodée : présenter ouvertement une importante somme afin de détourner l’attention des agents. En déclarant 65 000 euros aux services douaniers, il espérait passer sans encombre le poste de contrôle.
Mais la fouille menée par les douaniers a révélé une tout autre réalité. Sur lui, les agents ont découvert 3 800 euros supplémentaires, non déclarés et sans aucun justificatif attestant de leur origine. Le voyageur a aussitôt été interpellé.
Un habitué des allers-retours commerciaux vers l’Espagne
D’après les éléments présentés lors de l’audience, le mis en cause effectue fréquemment des déplacements vers l’Espagne. Il y achèterait des confiseries, qu’il revend ensuite sur le marché algérien.
Cette activité commerciale justifiait, selon lui, les importants montants qu’il transportait lors de ses voyages. Toutefois, cette explication n’a pas suffi à couvrir l’excédent découvert par les douaniers lors de ce passage à l’aéroport d’Alger.
Devises non déclarées : que prévoit la réglementation algérienne ?
La législation algérienne encadre strictement les mouvements de capitaux vers et depuis l’étranger. Toute personne franchissant la frontière peut transporter jusqu’à 1 000 euros sans avoir à le signaler aux autorités douanières.
Au-delà de ce seuil, la déclaration devient obligatoire. Le voyageur doit alors présenter un justificatif bancaire prouvant la provenance légale des fonds. Faute de ce document, la somme est considérée comme transportée en infraction.
Des poursuites pour violation de la réglementation des changes
C’est précisément sur ce fondement que le voyageur a été renvoyé devant la justice. Il est poursuivi pour infraction à la législation régissant les mouvements de capitaux entre l’Algérie et l’étranger.
Son procès s’est tenu le mercredi 30 septembre devant le tribunal de Dar El Beida. L’affaire illustre la vigilance accrue des services douaniers face aux tentatives de sortie illégale de devises.
Dollars déclarés et euros dissimulés : la défense plaide l’oubli
Face aux juges, l’accusé a opté pour une ligne de défense simple : il aurait tout bonnement oublié de déclarer la somme en euros trouvée sur lui. Selon ses dires, aucune volonté de fraude ne serait à l’origine de cet écart.
Pour appuyer sa bonne foi, il a mis en avant son expérience de voyageur régulier. Il a rappelé n’avoir jamais fait l’objet de poursuites par le passé pour tentative de transfert illégal de devises hors du territoire.
Une version qui peine à convaincre
Reste que l’argument de l’étourderie demeure fragile face aux faits constatés. La présence simultanée d’une somme déclarée en dollars et d’un montant dissimulé en euros nourrit en effet les soupçons des autorités.
Le parquet n’a pas été sensible à cet argumentaire. Dans son réquisitoire, il a réclamé une peine d’un an de prison ferme, assortie d’une amende de 100 000 dinars à l’encontre du prévenu.
L’aéroport d’Alger, un point de contrôle sous haute surveillance
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de renforcement des contrôles aux frontières algériennes. Les autorités cherchent à endiguer les flux de devises non déclarés, souvent liés à des activités commerciales informelles.
Les plateformes aéroportuaires, et notamment l’aéroport d’Alger, figurent parmi les points les plus surveillés. Les douaniers y multiplient les fouilles pour détecter les tentatives de contournement de la réglementation des changes.
Ce dossier rappelle que le transport de devises obéit à des règles précises, dont la méconnaissance peut coûter cher. Entre poursuites pénales et sanctions financières, les conséquences d’une déclaration incomplète dépassent largement le simple enjeu douanier.




