Le gouvernement français a acté une hausse massive des frais d’inscription pour les étudiants non européens dans les universités publiques. Une décision officialisée par décret le 20 mai 2026, qui entrera en application dès la rentrée universitaire 2026 et qui devrait impacter en priorité les étudiants africains présents en France.
Une réforme qui bouleverse la mobilité étudiante africaine
Cette nouvelle orientation s’inscrit dans un contexte de forte mobilité académique entre l’Afrique et l’Europe. Selon plusieurs données de l’Institut de recherche pour le développement (IRD), près de 300 000 étudiants africains quittent chaque année leur pays pour poursuivre leurs études à l’étranger, représentant une part significative des flux mondiaux.
Aujourd’hui, environ 500 000 étudiants africains suivent un cursus hors du continent, d’après les estimations de l’UNESCO. La France demeure l’une des principales destinations européennes de cette population étudiante, ce qui rend l’impact de cette réforme particulièrement structurant.
Désormais, l’objectif affiché par les autorités françaises est de réorienter cette mobilité vers un système plus sélectif, basé sur les profils académiques jugés prioritaires.
Des frais d’inscription multipliés par près de 17
La mesure la plus marquante concerne l’augmentation des droits d’inscription. En licence, les frais passeront de 178 euros à près de 3 000 euros par an pour les étudiants étrangers, soit une hausse considérable.
Cette réforme s’inscrit dans le cadre du programme « Choose France For Higher Education », porté par le ministère de l’Enseignement supérieur dirigé par Philippe Baptiste. L’objectif affiché est de renforcer l’attractivité du système français tout en ciblant des profils académiques jugés à fort potentiel.
Le modèle s’inspire de certaines pratiques anglo-saxonnes, où la sélection des étudiants étrangers repose à la fois sur les résultats académiques et sur des frais de scolarité plus élevés.
Une application progressive jusqu’en 2028
La réforme ne s’arrête pas à une simple hausse tarifaire. Elle prévoit également un encadrement progressif des exonérations accordées par les universités. À partir de 2028, celles-ci ne pourront pas dépasser 20 % des étudiants non européens.
Les étudiants déjà inscrits avant cette échéance conserveront toutefois leurs conditions actuelles jusqu’à la fin de leur cursus. Le décret, bien qu’adopté en 2019, n’avait jusqu’ici jamais été pleinement appliqué, ce qui explique son activation progressive aujourd’hui.
Le ministère justifie cette évolution par une volonté de renforcer la sélectivité du système universitaire français, tout en promettant des mesures d’accompagnement, notamment un accès facilité aux visas de travail pour les diplômés les plus qualifiés.
Les établissements disposent désormais de quelques mois pour adapter leurs politiques de bourses et d’accueil des étudiants étrangers. Avec cette réforme, la France redéfinit profondément les conditions d’accès à son enseignement supérieur pour les étudiants étrangers, entre logique de sélection et hausse des barrières financières.