Le pétrole algérien continue de trouver ses principaux débouchés en Europe, la France conservant sa place de premier acheteur devant l’Espagne au premier semestre 2026. Cette période a néanmoins été marquée par un recul notable des exportations globales de brut algérien. Le classement des principaux importateurs confirme la prééminence des marchés européens.
La France en tête des importateurs de pétrole algérien
D’après des données spécialisées diffusées le mardi 14 juillet 2026, la France a acheté en moyenne 62 000 barils de brut algérien par jour sur les six premiers mois de l’année. Ce volume représente 16 % de l’ensemble des exportations pétrolières de l’Algérie.
Ce chiffre suffit à maintenir Paris au sommet du classement des pays important du brut algérien par voie maritime. L’Espagne suit en deuxième position, avec des achats moyens de 56 000 barils quotidiens sur la même période.
Réunis, ces deux voisins européens absorbent près d’un tiers du pétrole brut vendu par l’Algérie à l’étranger. Cette concentration illustre la dépendance persistante des flux algériens vis-à-vis du continent européen.
Un top 5 largement dominé par l’Europe
Les cinq premiers clients de l’Algérie – France, Espagne, Corée du Sud, Royaume-Uni et Pays-Bas – totalisent 64 % des ventes de brut depuis le début de l’année 2026. La Corée du Sud demeure le seul représentant asiatique de ce peloton de tête.
Cette configuration souligne la faible pénétration des marchés asiatiques dans les débouchés du brut algérien. L’essentiel des cargaisons transite ainsi vers des raffineries situées de l’autre côté de la Méditerranée.
Des trajectoires divergentes selon les acheteurs
Les évolutions varient fortement d’un pays à l’autre. Les importations françaises de brut algérien ont reculé de 18 % sur un an, glissant de 76 000 à 62 000 barils quotidiens entre les deux premiers semestres.
L’Espagne accuse une baisse encore plus prononcée. Ses achats sont passés de 88 000 à 56 000 barils par jour, soit une chute de 36,4 % comparée à la même période de 2025.
À rebours de cette tendance, la Corée du Sud a renforcé ses commandes de 31,4 %, portant ses importations de 35 000 à 46 000 barils journaliers. Le Royaume-Uni, lui, a réduit ses achats de 15 %, tombant de 53 000 à 45 000 barils par jour.
La progression la plus spectaculaire revient aux Pays-Bas. Leurs importations ont bondi de 170 %, grimpant de 14 000 à 38 000 barils quotidiens entre les deux exercices comparés.
Un net repli des exportations de brut algérien
Sur l’ensemble du premier semestre 2026, les exportations de pétrole brut algérien ont atteint en moyenne 388 000 barils par jour. Ce niveau marque un recul de 13,2 % par rapport aux 447 000 barils journaliers enregistrés un an plus tôt.
La baisse est également sensible au regard de 2024, année durant laquelle les expéditions atteignaient 416 000 barils quotidiens. La dynamique baissière touche donc les exportations de brut sur plusieurs exercices consécutifs.
Des flux mensuels en dents de scie
Le premier semestre 2026 a été marqué par de fortes variations d’un mois à l’autre. En janvier, les exportations sont descendues à 200 000 barils par jour, un plancher inédit depuis plusieurs années.
Le rebond de février a été spectaculaire, avec un pic à 506 000 barils quotidiens, du jamais-vu depuis mai 2025. Les mois suivants ont ensuite fluctué : 391 000 barils en mars, 443 000 en avril, 427 000 en mai et 363 000 en juin.
Un recul des ventes malgré une production en hausse
Le repli des exportations de brut intervient paradoxalement dans un contexte de production ascendante. L’Algérie a extrait en moyenne 977 000 barils par jour sur le premier semestre 2026, un rythme en nette amélioration.
En juin 2026, la production a même culminé à 987 000 barils quotidiens, son sommet depuis trois ans. Cette hausse de l’extraction contraste donc avec la diminution des cargaisons de pétrole brut expédiées à l’étranger.
Ce décalage s’explique par une stratégie assumée d’Alger, qui privilégie désormais le raffinage local. L’objectif consiste à transformer une plus grande part du brut sur le territoire national pour exporter des produits pétroliers à plus forte valeur ajoutée.
Cette réorientation industrielle traduit une volonté algérienne de mieux valoriser sa ressource pétrolière au lieu de la vendre à l’état brut. Reste à voir si cette montée en gamme parviendra à compenser durablement la baisse des ventes de brut sur les marchés européens.

