En Algérie, la disponibilité des pastèques sur les marchés s’est largement avancée dans l’année. Elles apparaissent dès le printemps, un changement rendu possible grâce aux serres des régions méridionales comme Oued Souf. Cet te innovation n’est pas sans poser question quant à son coût.
Une production sous serres avancées
Dans une gigantesque installation multi-chapelles à El Oued, un cultivateur nous montre ses plantations. Le sol, entièrement couvert, est planté non pas de légumes classiques, mais de pastèques. D’une haute structure à toit soutenu, ces serres s’étendent sur bien plus de 10 000 m². Les techniques traditionnelles de plantation en plein champ ont été abandonnées pour privilégier la précocité de la récolte et obtenir des prix plus élevés. Les semences sont mises en pots de tourbe, et entretiennent des variétés choisies pour leur productivité, fournies par des entreprises multinationales.
Variétés de pastèques à haut rendement
Parmi les choix de semences, la variété Arashan, proposée par Profert à Béjaia, se distingue. Cette sélection de Syngenta Group, aujourd’hui chinoise, se caractérise par son fruit lourd et saveur sucrée. D’autres variétés comme « Hercules » ou « Top Gun » enrichissent le catalogue algérien. Le paillage plastique noir aide à limiter la concurrence des mauvaises herbes et à maintenir une température favorable au sol. L’irrigation s’effectue par goutte à goutte, demandant parfois deux arrosages quotidiens. Les besoins hydriques élevés de cette culture soulèvent des préoccupations quant à l’épuisement des ressources en eau. Le cas de Zagora au Maroc en est un exemple où des efforts de régulation ont dû être entrepris.
La filière de la pastèque : entre opportunités et conséquences
D’autres régions du sud algérien, telles qu’Hassi-Lefhal, Mansourah, et El-Menea, ont également adopté cette culture. La production en 2020 y atteignait près de 379 100 quintaux, selon la DSA, soulignant le potentiel économique de la pastèque. Toutefois, cet essor s’accompagne de défis environnementaux, principaux d’entre eux : l’eau. Dans le Haut Chélif historiquement, les priorités agricoles ont évolué vers la pastèque, au détriment d’autres cultures comme celle de la betterave à sucre. Malgré les bénéfices économiques, la consommation excessive d’eau par la culture de la pastèque reste une préoccupation majeure pour les ressources hydriques locales.
