Depuis plusieurs jours, le feu progresse dans plusieurs wilayas du nord-est algérien. Les brigades de la Protection civile enchaînent les interventions pour tenter de circonscrire chaque foyer. Vue depuis l’espace, la catastrophe prend une tout autre dimension.
À des centaines de kilomètres au-dessus du sol, le satellite Copernicus Sentinel-2 capture d’épais panaches gris qui s’étirent au-dessus des forêts, des reliefs montagneux et du littoral méditerranéen.
Ce que révèlent les images satellites des feux en Algérie
Les prises de vue diffusées à partir des données du programme spatial européen Copernicus, réalisées le 21 juillet 2026, offrent un panorama saisissant du sinistre. Elles montrent plusieurs incendies évoluant en même temps sur un large territoire.
Cette simultanéité illustre l’ampleur d’un épisode exceptionnel pour les services de secours algériens. La multiplication des foyers complique fortement la coordination des opérations sur le terrain.
Une surveillance spatiale devenue un outil clé
Ces observations ne se limitent pas à documenter le désastre. Elles constituent aussi un instrument précieux pour suivre la propagation des flammes en temps quasi réel.
Grâce à ces données, les autorités peuvent identifier les zones les plus exposées et compléter les informations remontées par les équipes déployées sur place. La technologie satellitaire s’impose ainsi comme un appui stratégique face aux catastrophes naturelles.
Des panaches de fumée qui balaient le nord-est algérien
Les images révèlent plusieurs foyers actifs entre Skikda, Annaba, El Tarf, Guelma et les hauteurs qui bordent le lac Fetzara. Poussés par le vent, les nuages de fumée dérivent vers la Méditerranée.
Ces traînées grisâtres demeurent visibles sur plusieurs centaines de kilomètres au-dessus de la mer. Le contraste est saisissant entre la fumée, le vert des massifs forestiers et le bleu du littoral.
Le massif de l’Edough, situé à l’ouest d’Annaba, apparaît lui aussi touché, tout comme les zones boisées entourant le lac Fetzara. Vue du ciel, la région porte les stigmates d’un feu qui ravage un écosystème sensible.
Plus de 190 départs de feu en vingt-quatre heures
Les données satellites confirment la gravité de la situation décrite par la Direction générale de la Protection civile. Le dernier bilan officiel fait état de 195 départs de feu enregistrés en une seule journée à travers le pays.
Les secours ont réussi à maîtriser 142 de ces incendies. Toutefois, 53 foyers restaient encore actifs mercredi, répartis dans quinze wilayas différentes.
Le nord-est demeure la zone la plus durement frappée. Avec dix-huit sinistres toujours en cours, Skikda occupe le triste rang de wilaya la plus affectée du pays.
Une carte des feux qui s’étend sur tout le territoire
À Skikda, les communes d’El Marsa, Aïn Cherchar, Djendel Saadi Mohamed, El Sebt et El Cheraïa figurent parmi les secteurs les plus menacés par la propagation des flammes.
À El Tarf, sept foyers restent actifs, tandis que Béjaïa en compte cinq et Jijel quatre. Annaba, Guelma et Souk Ahras enregistrent chacune trois incendies encore non maîtrisés.
Des interventions se poursuivent également dans d’autres régions, notamment à Médéa, Bouira, Mila, Constantine, Mascara, Saïda, Tlemcen et Timimoun. La dispersion des foyers illustre la pression exercée sur les moyens de secours.
Des évacuations pour protéger les populations
Devant l’avancée rapide du feu, plusieurs évacuations préventives ont été ordonnées. À Annaba, les autorités surveillent de près les flammes qui menacent le massif de Seraïdi.
Les secteurs de Sidi Boumediene et de Bouzizi sont eux aussi placés sous haute vigilance. Le brasier s’est approché dangereusement des habitations, contraignant les responsables à réagir dans l’urgence.
L’hôpital local, l’hôtel El Mountazah ainsi que plusieurs quartiers résidentiels ont dû être évacués pour préserver les habitants. Ces décisions traduisent la sévérité de la menace pesant sur les zones urbaines.
Protéger les villages et les terres agricoles
Dans les autres wilayas concernées, les équipes de secours concentrent leurs efforts sur la sauvegarde des villages et des exploitations agricoles. Les infrastructures sensibles font l’objet d’une attention particulière.
L’objectif prioritaire reste d’empêcher que les feux ne gagnent les zones habitées. Cette stratégie de protection mobilise d’importants moyens humains et matériels dans une région déjà éprouvée.
Les images satellites confirment que ces incendies figurent parmi les plus violents qu’ait connus l’Algérie ces dernières années. Alors que les foyers restent nombreux, la vigilance demeure maximale dans tout le nord-est du pays.
