La grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune concerne près de 5.000 détenus condamnés définitivement en Algérie. Le chef de l’État a paraphé un décret en ce sens le mercredi 22 juillet 2026. Cette initiative prolonge une série de mesures de clémence adoptées par la présidence depuis le début de l’année.
D’après le communiqué diffusé par la présidence de la République, cette décision cible en priorité des prisonniers ayant fait la preuve d’un parcours de réinsertion actif durant leur incarcération. L’accent est mis sur la réussite scolaire, universitaire et professionnelle comme critère central d’éligibilité.
Qui peut bénéficier de la grâce présidentielle ?
Les détenus admis aux examens du brevet d’enseignement moyen (BEM) et du baccalauréat lors de l’année scolaire 2025-2026 figurent parmi les premiers concernés. Ce choix récompense l’effort d’instruction fourni derrière les murs des établissements pénitentiaires.
La mesure de clémence s’étend également aux prisonniers ayant décroché un diplôme universitaire durant la même période. Les personnes ayant validé un certificat de réussite dans un programme de formation professionnelle ou artisanale entrent aussi dans le champ d’application du décret.
Un dispositif orienté vers la réinsertion
Cette grâce accordée par Tebboune traduit une volonté de valoriser la réhabilitation par l’éducation et le travail. Le dispositif encourage les détenus à s’engager dans des cursus scolaires ou des filières de qualification pendant leur détention.
Les conditions d’application de la remise de peine
Pour les lauréats du BEM, du baccalauréat 2026 ou d’un diplôme universitaire, la peine restante fait l’objet d’un allègement selon sa durée. Une remise totale est prononcée lorsque le reliquat à purger est égal ou inférieur à 24 mois.
Lorsque le reste de la peine dépasse deux ans sans excéder 30 ans, une réduction partielle s’applique. Celle-ci correspond à un abattement de 24 mois sur la durée d’incarcération encore due.
Les détenus ayant suivi une formation professionnelle ou artisanale et obtenu leurs attestations de réussite au titre de l’année 2025-2026 bénéficient d’un traitement légèrement différent. Une remise totale leur est octroyée lorsqu’il leur reste au maximum 20 mois à purger.
Au-delà de ce seuil, et jusqu’à une peine résiduelle de 30 ans, la réduction demeure partielle. Elle se traduit alors par un abattement de 20 mois sur la sanction restant à exécuter.
Les 34 catégories exclues de la mesure de clémence
Le décret présidentiel énumère précisément 34 catégories de condamnés qui ne peuvent prétendre à cette grâce. La liste vise avant tout les auteurs des infractions jugées les plus graves pour la sécurité nationale et l’ordre public.
Les personnes condamnées pour des faits de terrorisme ou de sabotage, qu’ils soient commis ou tentés, restent totalement écartées du dispositif. Il en va de même pour les condamnations liées à la trahison, à l’espionnage, au massacre, à l’évasion ou à la complicité d’évasion.
Les crimes économiques et les atteintes aux institutions
Les détenus reconnus coupables de corruption, d’abus de pouvoir ou de blanchiment d’argent ne figurent pas parmi les bénéficiaires. Le faux-monnayage et la contrefaçon entraînent eux aussi une exclusion automatique de la grâce présidentielle.
Les condamnations pour insulte ou agression envers des fonctionnaires et des institutions de l’État sont également écartées. Cette rigueur illustre la volonté des autorités de préserver l’autorité publique et le respect des représentants de l’État.
Les infractions à caractère criminel ou dangereux pour la société
Plusieurs infractions considérées comme des menaces directes pour la population figurent parmi les motifs d’exclusion. C’est le cas des faits liés aux gangs de quartier, au trafic de stupéfiants et à la contrebande.
La spéculation illicite, l’incendie volontaire de biens et les violences exercées sur des ascendants ou des mineurs sont également concernés. Enfin, la fraude portant sur les denrées alimentaires et les médicaments ferme définitivement la porte au bénéfice de la mesure.
Une pratique récurrente de la présidence algérienne
Ces grâces présidentielles s’inscrivent dans une tradition régulière observée en Algérie et dans plusieurs pays du Maghreb. Les autorités y recourent notamment à l’occasion des fêtes religieuses, des dates nationales et des résultats scolaires annuels.
Au fil des derniers mois, plusieurs décrets similaires ont déjà réduit sensiblement la population carcérale du pays. Ces décisions répondent à un double objectif de désengorgement des prisons et de soutien à la réinsertion des détenus.
En liant la clémence aux réussites éducatives et professionnelles, cette nouvelle grâce accordée par Tebboune envoie un signal clair aux personnes incarcérées. Elle érige l’apprentissage et la qualification en leviers concrets d’un retour progressif à la vie libre.

