Le cas Maghnes Akliouche illustre à merveille le dilemme des binationaux franco-algériens. Convoqué au Mondial 2026 par Didier Deschamps, le milieu de Monaco n’a quasiment pas joué. À 24 ans, il voit ressurgir un précédent qui hante ces joueurs depuis vingt ans.
Akliouche, un Mondial 2026 passé quasi inaperçu
Rares sont les joueurs appelés en Coupe du monde avec un bilan aussi maigre. Retenu par le sélectionneur des Bleus pour le tournoi disputé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, Akliouche n’a connu qu’une seule apparition.
Cette entrée s’est produite à la 83e minute face à l’Irak, durant la phase de groupes. Le match pour la troisième place, programmé samedi, pourrait lui offrir un ultime supplément de minutes. Mais ces instants symboliques ne changeront rien à un bilan personnel décevant.
La hiérarchie offensive tricolore résume à elle seule sa position délicate. Désiré Doué, Michael Olise, Ousmane Dembélé, Bradley Barcola et Rayan Cherki ont tous eu davantage de crédit auprès de Deschamps. Le joueur monégasque se retrouve dans un entre-deux frustrant : trop engagé pour changer de nation, trop effacé pour vraiment compter.
Le syndrome Meriem, un avertissement pour les binationaux
La mémoire du football franco-algérien conserve précieusement le souvenir de Camel Meriem. Ce milieu d’origine algérienne avait porté le maillot bleu à trois reprises entre 2004 et 2005. Son total de temps de jeu culminait à seulement 79 minutes.
Le dénouement fut sec : aucune nouvelle convocation ne suivit. Pire encore, les règlements de la FIFA lui interdisaient désormais tout retour vers l’Algérie. Cette porte s’était refermée définitivement.
Une expression devenue référence
Depuis, le syndrome Meriem désigne le piège qui guette de nombreux binationaux. Il consiste à opter pour une grande sélection, n’y grappiller que des miettes, puis s’effacer sans avoir réellement existé au niveau international.
Akliouche n’en est pas encore réduit à ce destin. Sa présence dans une phase finale planétaire lui offre un capital que Meriem n’a jamais possédé. Le rapprochement s’impose toutefois avec une insistance croissante.
Zidane, une fenêtre qui pourrait tout redéfinir
L’arrivée annoncée de Zinédine Zidane sur le banc des Bleus pourrait rebattre les cartes. La figure emblématique du football français est réputée pour son goût envers les joueurs techniques et créatifs.
Il apprécie les profils à l’aise dans les espaces réduits, capables de combiner entre les lignes. Ces qualités ne reposent pas uniquement sur la vitesse ou la puissance physique. Le style d’Akliouche correspond exactement à ce cahier des charges.
Ce qu’il devra accomplir
Leurs racines algériennes partagées n’ouvriront évidemment aucune porte de manière automatique. En revanche, le nouveau contexte pourrait se révéler nettement plus favorable au milieu monégasque.
Pour en tirer profit, Akliouche devra d’abord devenir un titulaire incontournable à Monaco. Il lui faudra ensuite exploiter chaque occasion offerte par le prochain sélectionneur. Le changement de cycle après l’ère Deschamps représente une opportunité rare.
Le parcours d’Akliouche se joue désormais sur cette bascule. Une chance existe encore de transformer un début de carrière internationale décevant en véritable trajectoire. À défaut, l’ombre de Camel Meriem cessera d’être une simple comparaison pour devenir une réalité.