Le projet d’extension des aéroports parisiens Roissy-CDG et Orly suscite une vive controverse, et Air Algérie figure parmi les compagnies qui s’y opposent fermement. Le transporteur national algérien rejoint ainsi plusieurs acteurs du secteur aérien qui contestent ce vaste plan de développement. Retour sur les raisons de cette fronde.
Le plan pluriannuel de modernisation des plateformes parisiennes poursuit son chemin, malgré les critiques. Son adoption définitive est attendue d’ici la fin de l’année en cours, en dépit des réserves exprimées par de nombreuses parties prenantes.
Selon les informations publiées le mardi 15 septembre par la presse française, le contrat de régulation économique liant l’État français au groupe ADP (Aéroports de Paris) prévoit un investissement colossal de 8,2 milliards d’euros. Ce financement s’étalera sur une période de huit années, entre 2027 et 2034.
Un projet d’extension des aéroports parisiens contesté par riverains et compagnies
Ce programme ambitieux vise principalement à renforcer les capacités d’accueil de Roissy-Charles-de-Gaulle. L’objectif consiste à ajouter 10 millions de passagers supplémentaires, portant ainsi la fréquentation à près de 90 millions de voyageurs annuels.
Toutefois, cette perspective d’extension des aéroports parisiens se heurte à une opposition marquée. Plusieurs associations de riverains, ainsi que différentes compagnies aériennes, dont Air Algérie, expriment leur désaccord face à ce développement.
Le lundi 14 septembre, une mobilisation citoyenne a rassemblé une centaine de personnes en fin de journée. Une dizaine d’élus figuraient parmi les manifestants réunis devant le siège d’ADP, à proximité du terminal 1 de Paris-CDG, à Roissy-en-France, dans le Val-d’Oise.
Des nuisances sonores au cœur de la contestation locale
Cette manifestation a été portée par une quinzaine d’associations, majoritairement locales, défendant les intérêts des habitants voisins. Ces riverains dénoncent des désagréments constants, affirmant subir « chaque jour et chaque nuit » les nuisances sonores générées par la plus grande plateforme aéroportuaire de l’Union européenne.
Pourquoi Air Algérie s’oppose au projet d’extension des aéroports parisiens
D’après des données exclusives compilées par l’ONG Transport & Environment, le contrat de régulation économique entraînerait une augmentation notable des émissions polluantes. Le projet générerait 28 % de rejets supplémentaires par rapport à un scénario sans agrandissement des infrastructures.
Cette hausse serait, selon les estimations de l’organisation, « strictement incompatible » avec les engagements climatiques français. Elle contredirait la dernière version de la stratégie nationale bas carbone, tout juste validée en juillet par les autorités françaises.
Un projet jugé favorable à Air France-KLM
La publication de ces chiffres a également provoqué le mécontentement de plusieurs transporteurs. Ces derniers estiment que l’opération profite avant tout au groupe Air France-KLM. Selon eux, la hausse des redevances les contraint à financer l’extension d’un hub qui présente peu d’intérêt pour leurs propres opérations.
Ainsi, les compagnies low cost Volotea et easyJet, aux côtés d’Air Algérie et d’Air Caraïbes, ont exprimé leur refus du projet. Elles sont rejointes par l’Association du transport aérien international et le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (Scara).
À l’inverse, d’autres transporteurs ont validé le contrat de régulation économique. Air France, Transavia, Delta Air Lines, Qatar Airways et FedEx se sont prononcés en sa faveur. Ce soutien est également porté par plusieurs organisations, dont la chambre syndicale des assistants d’escale et l’association des compagnies d’Orly.
Une hausse des prix des billets à prévoir sur les aéroports parisiens ?
La question des répercussions financières préoccupe fortement les opérateurs. Pour Jean-François Dominiak, président du Scara, ces résultats de vote méritent nuance. « Si elles étaient avérées, ces données de vote publiées par voie de presse ne seraient pas le reflet d’une adhésion majoritairement favorable des compagnies », a-t-il déclaré.
Le responsable syndical alerte sur l’ampleur des augmentations tarifaires attendues. Selon lui, « les hausses de redevances, qui atteignent 16 % à 17 % dès la première année, couplées à la mise en œuvre en 2027 de la taxe spéciale CDG Express, constituent des augmentations équivalentes à l’actuelle taxe sur les billets d’avion, qui a dissuadé des transporteurs aériens de se développer en France ».
L’opposition d’Air Algérie et d’autres compagnies au projet d’extension des aéroports parisiens illustre les tensions entre ambitions de croissance et contraintes économiques et environnementales. Alors que l’adoption définitive approche, le débat sur l’avenir de Roissy-CDG et d’Orly reste plus que jamais ouvert.




