Le taux de change en Algérie continue de bouger sur le marché parallèle des devises. Ce jeudi 16 juillet 2026, l’euro cède encore quelques dinars au Square Port-Saïd d’Alger, principal point de référence du marché informel, alors que le dollar américain suit une trajectoire opposée. Ces mouvements, bien que modestes, sont scrutés par de nombreux Algériens.
Depuis plusieurs semaines, le marché noir des devises évolue au rythme de l’offre et de la demande. Les variations demeurent limitées, mais elles intéressent directement les voyageurs, les importateurs et les étudiants installés à l’étranger. Beaucoup peinent en effet à obtenir les devises nécessaires via le réseau bancaire officiel.
Le taux de change de l’euro recule encore sur le marché noir
Ce jeudi 16 juillet 2026, les cambistes du Square Port-Saïd, cœur du marché parallèle algérois, affichent l’euro à 274 dinars à l’achat et 276 dinars à la vente. Concrètement, il faut aujourd’hui débourser 27 600 dinars pour se procurer 100 euros.
Cette baisse prolonge le mouvement de repli observé depuis plusieurs jours. La veille, mercredi 15 juillet, la monnaie européenne se négociait entre 274 et 275 dinars à l’achat, contre 276 à 277 dinars à la vente. Le recul reste inférieur à un dinar sur certaines cotations.
Il traduit néanmoins une correction progressive après plusieurs séances relativement calmes. Les opérateurs attribuent généralement ces ajustements à l’équilibre entre les devises disponibles et une demande fluctuante. Les départs à l’étranger, les besoins des étudiants et les importations non couvertes par les banques influencent directement ces cotations.
Le dollar progresse sur le marché parallèle algérien
À rebours de l’euro, le dollar américain gagne du terrain sur le marché informel. Selon les relevés de ce jeudi, le billet vert s’échange à 238,50 dinars à l’achat et 241 dinars à la vente. Cette hausse, même limitée, confirme une tendance haussière pour la monnaie américaine.
Le dollar canadien emprunte la même direction. Il est proposé à 168 dinars à l’achat et 169 dinars à la vente au Square Port-Saïd. Ces deux monnaies nord-américaines profitent d’une demande soutenue liée notamment à l’émigration et aux échanges avec le continent.
Franc suisse et dinar tunisien restent stables
Deux autres devises affichent en revanche une parfaite stabilité. Le franc suisse conserve sa valeur de 295,50 dinars à la vente, sans variation notable. Le dinar tunisien, quant à lui, demeure fixé autour de 79 dinars algériens.
Cette diversité de comportements illustre le fonctionnement particulier du marché noir. Chaque devise réagit selon les volumes échangés, les disponibilités du moment et les besoins ponctuels des acheteurs. Le dinar tunisien reste par ailleurs très recherché durant la saison estivale, période de forte mobilité entre les deux pays voisins.
Taux de change officiel : un écart considérable avec la Banque d’Algérie
En parallèle du marché informel, la Banque d’Algérie diffuse chaque jour les cours officiels destinés aux opérations bancaires et commerciales. Pour ce 16 juillet 2026, l’euro y est fixé à 152,29 dinars et le dollar américain à 132,82 dinars.
Les autres cotations officielles s’établissent à 94,55 dinars pour le dollar canadien, 164,42 dinars pour le franc suisse et 44,88 dinars pour le dinar tunisien. Ces valeurs restent bien inférieures à celles pratiquées par les cambistes du Square Port-Saïd.
L’écart est particulièrement frappant pour la monnaie européenne. Sur le marché parallèle, l’euro atteint 276 dinars, soit environ 124 dinars de plus que le cours officiel. La différence entre les deux marchés avoisine ainsi les 81 %.
Pourquoi le marché noir des devises reste si actif en Algérie
Ce fossé entre cours officiels et cours parallèles s’explique en grande partie par le contrôle des changes appliqué en Algérie. Les particuliers disposent d’un accès très restreint aux devises étrangères via les guichets bancaires officiels.
Cette limitation entretient depuis des années un marché parallèle dynamique et incontournable. Voyageurs, familles d’expatriés et importateurs s’y tournent régulièrement pour obtenir des euros ou des dollars introuvables ailleurs. Le phénomène demeure une caractéristique durable de l’économie algérienne.
Le marché des devises en Algérie devrait rester surveillé de près dans les prochaines semaines, à l’approche de la fin de la période estivale. La demande liée aux voyages et à la rentrée universitaire pourrait continuer d’orienter les cotations parallèles, tandis que l’écart avec les taux officiels ne montre aucun signe de résorption.
