La Fédération algérienne de football (FAF) a livré sa première réaction officielle après l’élimination de l’équipe d’Algérie de la Coupe du monde 2026. Réunie le samedi 11 juillet au Centre technique national de Sidi Moussa, près d’Alger, l’instance a soigneusement évité d’évoquer l’avenir du sélectionneur Vladimir Petkovic tout en mettant en garde ses détracteurs.
Équipe d’Algérie au Mondial 2026 : une réunion sous tension
Le Bureau fédéral a tenu sa séance de travail dans un climat particulièrement tendu. À l’ordre du jour figuraient notamment la participation des Verts à la Coupe du monde 2026 et leur sortie précoce de la compétition.
Éliminée dès les seizièmes de finale par la Suisse sur le score de 0-2, le vendredi 23 juillet, la sélection nationale a suscité une vague de mécontentement. Les différents championnats nationaux de football ont également été abordés lors de cette rencontre.
Dans le communiqué diffusé à l’issue des débats, la Fédération a exprimé ses « regrets » face à cette contre-performance. L’instance a admis que ce « résultat n’a pas répondu aux ambitions des supporters », avant d’apporter aussitôt des nuances à ce constat.
La FAF esquive le cas Petkovic et défend son bilan
Fait marquant : le nom de Vladimir Petkovic n’apparaît nulle part dans le texte officiel. La FAF a choisi de contourner totalement la question la plus brûlante, celle de l’avenir du technicien suisse à la tête des Fennecs.
Pour justifier son action, l’organisation met en avant le retour de l’Algérie au plus haut niveau. « Le retour de l’Algérie en phase finale de la compétition, après douze années d’absence, constitue une étape importante dans le processus de reconstruction et de développement du football national », a-t-elle souligné.
La Fédération se dit néanmoins « pleinement consciente que cette qualification ne représente qu’une étape ». Elle reconnaît que les attentes du peuple algérien réclament « des performances à la hauteur de l’histoire, du potentiel et des ambitions du football national ».
Walid Sadi entend la déception des supporters
Présidée par Walid Sadi, également ministre des Sports, l’instance affirme comprendre le désarroi des fans. Elle dit partager leur souhait de voir la sélection « retrouver durablement le rang qui correspond à son histoire » et à sa place sur la scène internationale.
Face aux interrogations, essentiellement centrées sur le maintien ou non de Petkovic, la FAF annonce avoir lancé « une évaluation globale et objective » de cette participation au Mondial 2026. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué.
Cette analyse doit couvrir « l’ensemble des volets sportifs et organisationnels ». L’objectif affiché est d’identifier les enseignements à retenir, de corriger les faiblesses et de renforcer durablement la compétitivité de l’équipe d’Algérie, sans jamais nommer le sélectionneur.
À l’issue de ce bilan, la Fédération promet de prendre « avec objectivité et dans le plein respect de ses responsabilités, les décisions qui s’imposent dans le seul intérêt supérieur du football algérien ».
Élimination de l’Algérie : la FAF hausse le ton contre les critiques
Ciblée par de vives attaques, tout comme le technicien helvétique, la Fédération n’a pas caché son agacement. Elle a condamné « avec la plus grande fermeté » les discours de haine et les campagnes de désinformation qui, selon elle, se sont multipliés depuis la déroute.
L’instance dénonce également les « tentatives de manipulation de l’opinion », les « attaques personnelles » ainsi que « toute forme d’incitation à la division ou à la violence verbale ». Un message adressé directement à une partie des supporters et des observateurs.
Un rappel ferme sur les limites de la liberté d’expression
La FAF a tenu à poser des garde-fous. « La liberté d’expression ne saurait en aucun cas servir de justification aux injures, à la diffamation, aux menaces ou aux atteintes portées à la dignité des personnes et des institutions », a-t-elle averti.
L’organisation se veut inflexible face à la contestation. Elle assure qu’elle « ne cédera à aucune forme de désinformation, de manipulation ou de tentative de déstabilisation » visant ses dirigeants, ses cadres ou les réformes structurelles engagées.
Ces réformes sont présentées comme relevant de « l’intérêt supérieur du football national ». La Fédération entend ainsi défendre son projet à long terme, malgré la pression croissante née de l’élimination.
En choisissant le silence sur le dossier Petkovic, la FAF gagne du temps et renvoie toute décision aux conclusions de son évaluation interne. L’avenir du sélectionneur des Verts reste donc suspendu, dans un contexte où la patience des supporters algériens semble avoir atteint ses limites.
