La régularisation en Espagne concerne désormais des milliers de ressortissants algériens, comme le montrent les premiers chiffres officiels publiés en juillet. Lancée au printemps, cette vaste opération visait à offrir un titre de séjour aux travailleurs étrangers en situation irrégulière. La date limite de dépôt des dossiers a été fixée au 30 juin, permettant enfin de dresser un premier bilan par nationalité.
Une régularisation à contre-courant de l’Europe
Au moment où la plupart des États européens durcissent leurs politiques migratoires, l’Espagne a choisi une voie différente. Le pays a décidé cette année d’accorder un statut légal à des centaines de milliers de personnes vivant sans papiers sur son sol.
Cette démarche n’est toutefois pas automatique. Pour prétendre à un titre de séjour, les candidats devaient remplir plusieurs conditions strictes, notamment justifier d’un emploi et présenter un casier judiciaire vierge.
Cette ouverture représente une véritable aubaine pour de nombreux migrants installés depuis longtemps dans le pays. Elle offre une perspective concrète de stabilité à des populations jusque-là privées de tout droit légal.
L’Espagne, porte d’entrée privilégiée des harraga algériens
La péninsule ibérique demeure la destination principale des harraga algériens, ces candidats à l’émigration clandestine. Chaque année, des milliers de jeunes traversent la Méditerranée à bord d’embarcations de fortune ou de bateaux plus rapides, surnommés localement « sari’ ».
Une fois arrivés sur les côtes espagnoles, les parcours diffèrent selon les projets de vie. Certains poursuivent leur route vers d’autres pays européens, dont la France, tandis que d’autres choisissent de s’installer durablement.
Pour ces derniers, l’objectif reste le même : décrocher un emploi et, si possible, obtenir une régularisation. La campagne lancée par Madrid ouvre précisément cette possibilité à celles et ceux qui répondent aux critères exigés.
Près de 1,2 million de dossiers déposés
Les autorités espagnoles avaient initialement anticipé la régularisation d’environ 500 000 personnes. Or, le volume réel de demandes a largement dépassé les prévisions, atteignant le chiffre impressionnant de 1 174 968 dossiers.
Ces données proviennent du ministère de l’Inclusion, de la Sécurité sociale et des Migrations. Selon ces premiers relevés, 11 000 personnes ont déjà obtenu leur titre de séjour, tandis que 609 737 demandes, soit environ la moitié du total, sont encore en cours d’examen.
Sans grande surprise, la majorité des requérants sont originaires d’Amérique latine. Cette région entretient avec l’Espagne des liens historiques, culturels et linguistiques particulièrement étroits.
Les Marocains loin devant les Algériens au Maghreb
Du côté de l’Afrique du Nord, ce sont les Marocains qui ont sollicité le plus grand nombre de titres de séjour. Avec 156 272 demandes déposées, ils se classent en deuxième position au niveau mondial, juste derrière les Colombiens.
Les Algériens, eux, occupent la septième place du classement, avec 39 949 dossiers enregistrés. Un écart notable qui place la communauté marocaine à un niveau presque quatre fois supérieur.
Ce résultat reste néanmoins significatif pour l’Algérie. L’immigration algérienne en Espagne demeure en effet traditionnellement modeste, notamment en comparaison avec la présence bien plus importante observée en France.
Le classement complet des demandes de régularisation
Voici la répartition détaillée des dossiers déposés selon la nationalité des candidats à un titre de séjour espagnol.
- Colombie : 304 319 demandes déposées
- Maroc : 156 272
- Venezuela : 138 647
- Pérou : 103 398
- Honduras : 56 399
- Paraguay : 44 649
- Algérie : 39 949
- Sénégal : 34 074
- Pakistan : 29 374
- Argentine : 27 024
- Autres nationalités
Cette campagne de régularisation en Espagne confirme l’ampleur d’un phénomène migratoire qui touche des dizaines de nationalités. Pour les ressortissants algériens, elle marque une étape encourageante vers une intégration légale sur le territoire ibérique. Reste désormais à suivre le rythme de traitement des dossiers encore en attente dans les prochains mois.
