L’Association algérienne de protection du consommateur et de son environnement (Apoce) affirme avoir été informée de plusieurs cas d‘intoxication alimentaire consécutifs à la consommation de pastèque. L’organisation a livré des éclaircissements tout en appelant les citoyens à faire preuve de discernement face aux nombreuses rumeurs qui circulent.
Des cas d’intoxication liés à la pastèque en Algérie
Selon l’Apoce, les incidents recensés relèvent essentiellement d’intoxications aiguës, le plus souvent d’origine bactérienne. Ces contaminations découlent d’un défaut d’hygiène, d’une conservation défaillante ou d’une souillure survenue durant la production, l’acheminement ou la commercialisation du fruit.
Ces intoxications présentent la particularité de déclencher des symptômes rapidement après l’ingestion. L’association, qui s’est exprimée sur sa page Facebook officielle, n’a toutefois pas communiqué de bilan chiffré concernant le nombre de personnes touchées.
Un danger silencieux : l’intoxication chronique
Au-delà de ces cas visibles, l’Apoce alerte sur une menace « moins évidente mais plus grave » : l’intoxication chronique. Contrairement aux effets immédiats, ce type d’atteinte ne se manifeste pas dans l’instant qui suit la consommation.
Ce phénomène résulte d’un recours abusif aux pesticides, aux engrais et à divers produits chimiques durant la culture, en particulier les engrais azotés. Les substances nocives s’accumulent progressivement dans l’organisme au fil des années, prévient l’organisation dirigée par Mustapha Zebdi.
Malgré ces mises en garde, l’Apoce se veut rassurante et invite les consommateurs à ne pas prêter foi à toutes les informations qui circulent. Une forte concentration en nitrates reste indétectable à l’œil nu : ni la couleur ni la saveur du fruit ne permettent de la repérer, seules des analyses en laboratoire peuvent la révéler.
L’association insiste donc sur l’importance de ne pas se laisser influencer par les rumeurs ou par des affirmations dénuées de fondement scientifique. Ce message vise à éviter les paniques infondées tout en maintenant une vigilance légitime autour de la qualité des produits agricoles.
Encadrer l’usage des pesticides et des engrais
Pour accompagner les consommateurs, l’Apoce formule plusieurs conseils pratiques garantissant une dégustation sans risque de la pastèque. Elle recommande de se fournir auprès de vendeurs de confiance et de laver soigneusement le fruit avant de le découper.
L’organisation préconise également l’utilisation d’ustensiles propres lors de la découpe et une conservation systématique au réfrigérateur une fois le fruit entamé. Ces gestes simples limitent considérablement les risques de contamination bactérienne.
Renforcer les contrôles et faire appliquer la loi
Au niveau de la production, l’Apoce plaide pour une utilisation raisonnée des pesticides et des engrais chimiques. Elle réclame aussi un renforcement des inspections sur le terrain, la multiplication des analyses en laboratoire et une application stricte de la réglementation contre les contrevenants.
L’association rappelle avoir alerté à plusieurs reprises sur ces enjeux. Elle souligne que la protection de la santé publique ne se joue pas dans la gestion des dégâts après une crise, mais bien dans la prévention, la surveillance et le soutien à une agriculture responsable.
Enfin, l’Apoce insiste sur le caractère collectif de cet enjeu. La sécurité alimentaire, conclut-elle, constitue une responsabilité partagée entre les producteurs, les commerçants, les instances de contrôle et les consommateurs eux-mêmes.
La pastèque demeure ainsi un plaisir estival accessible, à condition de respecter quelques précautions élémentaires lors de l’achat et de la consommation. Entre vigilance sanitaire et lutte contre les rumeurs, cette mise en garde souligne la nécessité d’une chaîne agricole plus transparente et mieux encadrée en Algérie.

