L’Algérie accélère nettement sa transition énergétique. D’après le rapport mondial sur l’électricité 2026 de l’organisation Ember, les importations algériennes de panneaux solaires chinois ont connu une hausse spectaculaire en 2025, propulsant le pays parmi les principaux marchés solaires du continent africain.
L’Algérie rejoint les grands marchés africains du solaire
Selon les données publiées par Ember, spécialisée dans l’analyse des systèmes énergétiques, l’Algérie a importé 2,1 gigawatts (GW) de panneaux solaires chinois en 2025, contre seulement 0,35 GW un an auparavant. Cette progression par six en l’espace de douze mois place le pays parmi les rares États africains ayant dépassé le seuil du gigawatt d’importations solaires sur une seule année.
Avec ce volume, l’Algérie rejoint un groupe restreint de marchés africains particulièrement actifs dans le photovoltaïque, aux côtés notamment de l’Égypte, du Nigeria et de l’Afrique du Sud. Une montée en puissance rapide qui illustre le changement d’échelle engagé par le pays dans le domaine des énergies renouvelables.
Une stratégie énergétique tournée vers le solaire et les exportations gazières
Cette dynamique s’explique en partie par la forte baisse mondiale des coûts des modules photovoltaïques. Selon les données du secteur, les prix des panneaux ont reculé de 40 % à 50 % en moins de deux ans, rendant l’électricité solaire de plus en plus compétitive face aux sources conventionnelles.
Pour l’Algérie, l’enjeu dépasse la seule réduction de la consommation énergétique domestique. Le développement du solaire répond également à une logique économique liée au gaz naturel : produire davantage d’électricité à partir du soleil permet d’économiser des volumes de gaz susceptibles d’être réorientés vers les marchés d’exportation.
Plusieurs projets sont déjà engagés, dont une centrale solaire de 300 MW dans la wilaya de Biskra, tandis que onze projets énergétiques figurent actuellement dans les programmes en cours.
Entre ambitions industrielles et défis de mise en œuvre
Malgré cette accélération, Ember souligne une limite importante : les volumes importés ne correspondent pas nécessairement à la capacité réellement installée sur le terrain. Les délais de construction, les procédures de raccordement et les contraintes logistiques peuvent créer un écart entre les panneaux achetés et la puissance effectivement injectée dans le réseau électrique.
En parallèle, l’Algérie poursuit le déploiement de projets structurants sous la conduite de Sonelgaz. Deux programmes majeurs sont en cours, avec un objectif de plusieurs milliers de mégawatts supplémentaires d’énergies renouvelables. À plus long terme, le projet Tafouk 1, annoncé avec une capacité cible de 4 GW, incarne les ambitions du pays dans le solaire à grande échelle.
Les autorités envisagent également une montée en gamme industrielle. Des discussions ont été engagées avec le groupe chinois LONGi autour d’une possible implantation de capacités de production de panneaux solaires en Algérie. L’objectif est de dépasser le simple rôle d’importateur pour développer une véritable filière nationale intégrant fabrication, assemblage et maintenance.
L’Algérie vise enfin une part de 27 % d’énergies renouvelables dans son mix électrique d’ici 2030. Si cet objectif reste ambitieux au regard du niveau actuel, les données de 2025 témoignent d’une accélération notable de la stratégie solaire du pays.