La nomination de Zinédine Zidane à la tête de l’équipe de France ravive un débat identitaire que Karim Amellal, ancien ambassadeur de France, propose de dépasser. Selon lui, le parcours de l’ancien meneur de jeu illustre qu’il est parfaitement possible de s’épanouir en France sans jamais tourner le dos à ses racines algériennes. Une trajectoire qui, dit-il, échappe aux instrumentalisations politiques.
Zinédine Zidane, symbole d’une double appartenance assumée
Karim Amellal et Zinédine Zidane partagent un même point d’ancrage : des origines algériennes. Le premier est écrivain, enseignant à Sciences Po et ancien ambassadeur de France pour la Méditerranée. Le second s’est imposé comme l’une des icônes majeures du football mondial.
L’ancien numéro 10 des Bleus vient d’être désigné sélectionneur de l’équipe nationale française, une première pour un Franco-Algérien. Ce moment charnière offre à l’ancien diplomate l’occasion de livrer sa lecture d’un destin hors norme.
De La Castellane à la gloire nationale
Né à Marseille de parents venus d’Algérie, le champion du monde 1998 a passé son enfance dans le quartier populaire de La Castellane. Ce parcours l’a hissé au rang des figures les plus appréciées des Français.
En 2025, il figure ainsi à la cinquième place du classement établi par l’Ifop pour TF1-LCI. Une aura qui, souligne l’auteur, contredit frontalement les discours de rejet portés par l’extrême droite.
Karim Amellal résume cette contradiction par une interrogation : « Comment faire de l’immigration une menace existentielle lorsque l’un des plus grands héros de l’histoire nationale est le fils d’un ouvrier kabyle venu d’Algérie ? »
Un parcours qui déjoue les déterminismes
Pour l’ancien ambassadeur, Zidane n’a jamais eu à trancher entre l’histoire de ses parents et son attachement à la France. Sa réussite prouve qu’on peut triompher en France tout en restant fidèle à ses origines.
Cet exemple invite à ne plus enfermer les personnes issues de l’immigration dans un avenir dicté par leurs racines. « Aucun destin collectif n’est écrit d’avance », écrit-il.
Dans sa tribune, l’écrivain ne vise pas seulement la droite. Il adresse aussi une critique à une partie de la gauche française, qui, selon lui, réduit certains citoyens issus de l’immigration aux seules notions de discrimination, de relégation ou de domination.
Amellal admet que ces réalités existent bel et bien. Mais elles ne peuvent, insiste-t-il, constituer l’unique grille de lecture d’un individu.
Ne pas choisir entre la France et l’Algérie
Face à la double culture, ni Karim Amellal ni Zinédine Zidane n’ont accepté de sacrifier une part de leur identité. « Zidane, à l’image de beaucoup d’autres Français issus de l’immigration, refuse ce choix », observe l’ancien diplomate.
Selon lui, le parcours de l’ex-star du Real Madrid démontre avant tout que deux appartenances peuvent coexister sans se contredire. L’une n’exclut jamais l’autre.
Zidane est français, tout en demeurant le fils de Smaïl et Malika, arrivés de Kabylie. Pour Amellal, il est donc possible d’aimer la France, au point d’en diriger la sélection, sans renier l’Algérie de ses parents.
L’identité comme addition
L’ancien ambassadeur condense sa pensée en une formule : l’identité est « une addition, jamais une soustraction ». Elle se construit par accumulation, non par renoncement.
À ses yeux, le parcours du nouveau sélectionneur des Bleus incarne finalement « une certaine idée de la France ». Une vision ouverte, où la pluralité des origines devient une force plutôt qu’une contradiction.
À travers la figure de Zinédine Zidane, Karim Amellal esquisse le portrait d’une France capable d’embrasser ses multiples héritages. Loin des clivages, le message se veut universel : nul n’est condamné par ses origines, et la richesse d’un destin réside souvent dans la somme de ses appartenances.
