Le marché noir des devises en Algérie fait l’objet d’une recommandation qui pourrait modifier durablement la donne. Dans son dernier rapport consacré à l’économie algérienne, le Fonds monétaire international (FMI) plaide pour une plus grande souplesse du taux de change. Objectif affiché : réduire le fossé qui sépare le marché officiel du marché parallèle des devises.
Le FMI appelle à réduire l’écart sur le marché des devises en Algérie
La suggestion de l’institution de Washington tombe dans un contexte où la différence entre les deux marchés atteint des sommets. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et illustrent l’ampleur du décalage entre les cotations officielles et celles pratiquées dans la rue.
D’après les dernières cotations relevées sur le marché noir de la devise en Algérie, l’euro se négocie autour de 277 dinars algériens. À l’inverse, la Banque d’Algérie fixe sa valeur officielle à 153,23 dinars, selon le cours arrêté ce mardi 22 septembre. L’écart dépasse ainsi les 80 %.
Un rapport issu des consultations au titre de l’article IV
Ces conclusions figurent dans l’évaluation menée par le FMI à l’issue des consultations de 2026 organisées dans le cadre de l’article IV avec l’Algérie. Le Fonds y avertit que la politique monétaire devra être resserrée si les tensions inflationnistes venaient à se généraliser davantage.
Une politique monétaire à consolider selon le Fonds monétaire
Les administrateurs de l’institution ont formulé plusieurs pistes destinées à renforcer le cadre monétaire du pays. L’idée centrale consiste à faire d’une inflation maîtrisée le point d’ancrage nominal de la politique économique algérienne.
Pour y parvenir, le FMI met en avant trois leviers principaux :
- Améliorer les mécanismes de transmission de la politique monétaire ;
- Consolider l’indépendance opérationnelle de la Banque d’Algérie ;
- Réserver le financement monétaire aux seules situations exceptionnelles.
Sur la question de la dualité des changes, le rapport se montre explicite. Il souligne qu’une souplesse accrue du taux de change permettrait à l’économie de mieux encaisser les chocs venus de l’extérieur, tout en participant à réduire la prime observée sur le marché parallèle des devises.
Une flexibilité du dinar pour coller à la réalité économique
En clair, le Fonds monétaire international préconise un rapprochement graduel entre les deux marchés. L’institution ne fixe toutefois aucun seuil pour la valeur du dinar dans le circuit bancaire, pas plus que sur le marché noir des devises.
La recommandation vise avant tout à rétablir un certain équilibre entre le taux officiel et le taux parallèle. Selon les experts du Fonds, cette souplesse renforcerait la résilience de l’économie algérienne face aux turbulences externes qui peuvent affecter les recettes du pays.
Mieux répondre à l’offre et à la demande de devises
Le FMI estime par ailleurs qu’une telle orientation contribuerait mécaniquement à resserrer l’écart entre le change officiel et le taux parallèle. Le dinar algérien pourrait ainsi refléter plus fidèlement les conditions réelles de l’économie et les fluctuations de l’offre et de la demande sur le marché des changes.
Cette approche progressive tranche avec l’idée d’une dévaluation brutale de la monnaie nationale. L’enjeu consiste à laisser le taux de change évoluer davantage en fonction des paramètres économiques, sans imposer de correction soudaine.
La question du marché noir des devises en Algérie demeure un baromètre sensible de la santé économique du pays. Si les orientations du FMI venaient à être suivies, elles pourraient redessiner les rapports entre le circuit officiel et le marché parallèle. Reste à savoir si les autorités monétaires algériennes choisiront de s’engager sur cette voie dans les mois à venir.




