Interrogé par un sénateur, le ministère a précisé les grandes lignes de cette réforme. Elle porte sur les attestations de prolongation d’instruction, la gestion des données biométriques, le fonctionnement des outils numériques et le renforcement des équipes en charge du séjour des étrangers.
Titres de séjour : des attestations reconduites automatiquement
Depuis le 4 mai 2026, les attestations de prolongation d’instruction sont désormais renouvelées de manière automatique lorsqu’un dossier est toujours en cours d’examen. L’objectif est clair : empêcher qu’un document expire avant qu’une décision ne soit rendue.
Cette mesure répond à une difficulté fréquente. De nombreux demandeurs se retrouvaient sans justificatif valide durant l’attente, ce qui compromettait leurs droits pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Grâce à ce dispositif, la continuité administrative est mieux garantie. Les personnes engagées dans une procédure liée à leurs titres de séjour n’ont plus à craindre une interruption due à un simple délai de traitement.
Une validité biométrique portée à dix ans
Le ministère a également modifié la durée de validité des empreintes biométriques. Depuis la même date du 4 mai 2026, celle-ci passe de cinq à dix ans pour les personnes concernées par une demande.
Ce changement vise à réduire le nombre de déplacements en préfecture. Les usagers n’auront plus à renouveler leurs données aussi fréquemment lors de leurs démarches successives.
Vers l’abandon progressif d’AGDREF
La modernisation des outils numériques occupe une place centrale dans cette réforme. L’administration prévoit de supprimer graduellement AGDREF, une ancienne application utilisée pour suivre les dossiers des ressortissants étrangers.
Selon le ministère, la cohabitation entre AGDREF et l’ANEF représente « la première source d’anomalies » du service en ligne. Le passage à un système unique doit donc renforcer la fiabilité et la stabilité de la plateforme.
500 postes pour accélérer le traitement des demandes de titres de séjour
Les moyens humains figurent aussi parmi les leviers actionnés. Depuis avril 2026, les services dédiés au séjour des étrangers disposent de ressources équivalentes à 500 postes à temps plein sur une année complète.
Des heures supplémentaires sont par ailleurs financées afin d’appuyer les préfectures dans le traitement des dossiers en attente. Ces renforts doivent permettre d’absorber une partie des demandes accumulées.
Ces opérations de réduction des stocks accompagnent un objectif affiché par le ministère : raccourcir les délais et améliorer le suivi des dossiers déposés par les étrangers présents sur le territoire.
Un pilotage renforcé dans les préfectures
Une instruction transmise aux préfets le 5 avril 2026 réaffirme cette priorité. Elle demande un encadrement plus rigoureux des services chargés de gérer les demandes de titres de séjour.
Le ministère annonce également des dispositifs de formation pour les agents. Ceux qui instruisent les dossiers bénéficieront d’un accompagnement destiné à améliorer la qualité et la rapidité de leur travail.
Ces efforts s’inscrivent dans une logique de long terme. L’administration souhaite professionnaliser davantage le traitement des demandes et limiter les erreurs qui pénalisent les usagers.
Ce qui change pour les demandeurs de titres de séjour
Pour les personnes concernées, ces mesures touchent plusieurs étapes du parcours administratif. Elles portent aussi bien sur le dépôt d’une demande que sur le suivi du dossier et le maintien des droits.
Les échanges avec les services préfectoraux devraient également gagner en fluidité. Le ministère insiste sur la volonté de simplifier les démarches et de réduire les points de blocage récurrents.
Ces réformes marquent une tentative de réponse aux critiques adressées à l’ANEF depuis son déploiement. Reste à observer, dans les prochains mois, si ces annonces se traduiront par une amélioration concrète pour les demandeurs de titres de séjour en France.




