La visite du pape en France mobilise déjà les grandes institutions religieuses du pays. La Grande Mosquée de Paris a annoncé qu’elle marquerait le déplacement du pape Léon XIV, attendu dans l’Hexagone du 25 au 28 septembre, par un geste symbolique fort. L’institution musulmane prévoit un prêche particulier dès le premier jour de ce séjour pontifical.
Visite du pape en France : un prêche exceptionnel à la Grande Mosquée de Paris
Le souverain pontife entamera une tournée de trois jours sur le territoire français à compter du jeudi 25 septembre. Pour saluer cette venue, la principale autorité de l’islam de France a décidé de prendre une initiative peu courante dans son histoire.
Au-delà des mots de bienvenue adressés au chef de l’Église catholique, l’institution a fait savoir qu’un sermon spécial serait prononcé lors de la grande prière du vendredi. Cette date coïncide justement avec l’arrivée de Léon XIV dans la capitale française.
Dans un communiqué diffusé mercredi, le recteur Chems-Eddine Hafiz a détaillé cette démarche. « La Grande Mosquée de Paris consacrera un prêche spécifique lors de la grande prière du vendredi 25 septembre 2026, jour de son arrivée à Paris », a-t-il précisé, invitant l’ensemble des mosquées et imams qui lui sont rattachés en France à faire de même.
Une institution centenaire à l’origine de l’initiative
Cet appel émane de l’institution religieuse musulmane la plus emblématique du pays, qui célèbre cette année ses cent ans d’existence. La démarche prend ainsi une dimension particulière à l’occasion de ce centenaire.
En sollicitant tout son réseau de lieux de culte affiliés, la Grande Mosquée de Paris souhaite donner une portée nationale à ce message d’ouverture. Le prêche du vendredi deviendra ainsi un moment de dialogue interreligieux relayé dans de nombreuses villes françaises.
Le sens du prêche pour la visite du pape en France
Selon le recteur, ce sermon reviendra en profondeur sur les liens qui unissent les grandes traditions monothéistes. Il insistera notamment sur le respect que les musulmans portent aux chrétiens et sur l’accueil qui doit être réservé au chef de l’Église catholique.
« Honorer son hôte avec considération et faire preuve de bonté et de justice envers celui qui diffère de nous dans sa religion ne sont pas des égards de circonstance », a souligné Chems-Eddine Hafiz. Pour lui, ces principes s’enracinent directement dans l’éthique et les enseignements de l’islam.
Un message de fraternité dans un contexte tendu
Le responsable de la Grande Mosquée de Paris a également replacé le déplacement pontifical dans le climat international actuel. Il évoque une période marquée par les conflits, les divisions et une montée des tensions à travers le monde.
Face à ces fractures et aux tentations de repli sur soi, la venue de Léon XIV représente selon lui un symbole d’espoir. Le recteur estime que ce voyage porte un message universel fondé sur l’échange, la fraternité et la quête de paix entre les peuples.
Une relation déjà nouée entre le recteur et le pape Léon XIV
Ce geste d’accueil s’inscrit dans une proximité déjà établie entre les deux hommes. Chems-Eddine Hafiz n’en est en effet pas à sa première rencontre avec le souverain pontife.
Le recteur avait fait le déplacement à Alger lors de la visite du pape en Algérie au mois d’avril dernier. Les deux personnalités s’étaient ensuite retrouvées quelques semaines plus tard, en mai, à l’occasion d’un entretien au Vatican.
Un dialogue islamo-chrétien renforcé
Ces échanges successifs témoignent d’une volonté partagée de consolider les relations entre communautés musulmane et catholique. La visite du pape en France apparaît ainsi comme un prolongement naturel de ces contacts diplomatiques et spirituels.
En associant l’ensemble de son réseau à cette démarche, la Grande Mosquée de Paris confirme son engagement en faveur du vivre-ensemble. L’institution entend rappeler que le respect mutuel entre les religions demeure un pilier essentiel de la cohésion sociale.
La visite du pape en France constituera donc un rendez-vous marquant pour le dialogue interconfessionnel. Entre gestes symboliques et messages de paix, ce séjour de trois jours pourrait renforcer durablement les ponts entre les deux grandes traditions religieuses.




