Obtenir un titre de séjour en France peut parfois relever du parcours du combattant, comme l’illustre le cas d’une ressortissante algérienne. Après un refus tacite de la préfecture, elle a finalement décroché une carte de résidence de dix ans grâce à une action en justice. Son avocat, Me Fayçal Megherbi, a détaillé les rouages de cette affaire.
Un titre de séjour en France refusé dans le silence de la préfecture
L’histoire débute au tout début de l’année 2025. Cette Algérienne installée en France dépose alors une demande de renouvellement de son document de séjour auprès des autorités compétentes.
Mais la préfecture de police de Paris n’apporte aucune réponse à sa requête. Or, en matière administrative, ce mutisme prolongé équivaut à un rejet, que l’on qualifie de refus implicite.
Confrontée à cette impasse, la requérante se tourne vers Me Fayçal Megherbi, avocat inscrit au Barreau de Paris et spécialisé dans le droit des étrangers. Ce dernier décide de porter l’affaire devant le Tribunal administratif de Paris.
Une demande d’annulation assortie d’une astreinte
Dans son recours, la plaignante ne se contente pas de contester la décision préfectorale. Elle réclame l’annulation pure et simple de ce refus tacite prononcé par l’administration.
Au-delà de cette annulation, elle exige également la remise d’un certificat de résidence valable dix ans. Cette demande est renforcée par une astreinte financière visant à contraindre l’État.
Selon les précisions de son avocat, cette astreinte s’élevait à 200 euros pour chaque journée de retard dans l’exécution. Un levier destiné à pousser la préfecture à agir sans délai.
La préfecture délivre finalement la carte de résidence de dix ans
Le lancement de la procédure contentieuse a manifestement changé la donne. Face à la saisine du tribunal, les services préfectoraux ont préféré revoir leur position initiale.
Ainsi, avant même la tenue de l’audience prévue, l’administration a fait volte-face. Les équipes du préfet ont remis à la ressortissante algérienne le certificat de résidence tant attendu, d’une durée de dix ans.
Cette régularisation de dernière minute, obtenue in extremis, met fin à des mois d’incertitude pour l’intéressée. Elle sécurise désormais durablement son droit à demeurer sur le territoire français.
Un titre de séjour arraché à la justice et une condamnation de l’État
La délivrance tardive du document n’a toutefois pas suffi à mettre l’État à l’abri de toute sanction. Malgré ce revirement de dernière heure, la préfecture a été condamnée par le tribunal.
Dans une ordonnance datée du 21 juillet 2026, la vice-présidente de la 3ᵉ section du Tribunal administratif de Paris a rendu sa décision. Elle a choisi de faire supporter à l’État une partie des frais engagés durant la procédure.
Un remboursement partiel des frais d’avocat
Le texte de la décision est sans ambiguïté sur ce point. Les magistrats ont estimé qu’il convenait, au vu des circonstances, de faire peser sur l’État une charge financière au bénéfice de la requérante.
Concrètement, l’État a été condamné à verser la somme de 800 euros à la ressortissante algérienne. Ce montant correspond aux frais d’instance qu’elle a dû avancer, comme l’a rapporté Me Megherbi.
Au terme de ce bras de fer juridique, la bénéficiaire ressort donc doublement gagnante. Elle repart avec un titre de séjour de dix ans en poche et une prise en charge partielle de ses honoraires d’avocat.
Ce que révèle ce cas sur le renouvellement du titre de séjour en France
Cette affaire met en lumière une réalité vécue par de nombreux ressortissants étrangers en France. Les silences prolongés de l’administration, valant refus implicite, constituent un obstacle fréquent aux demandes de renouvellement.
Elle rappelle également l’importance du recours contentieux face à ce type de blocage. La saisine du tribunal administratif se révèle souvent décisive pour débloquer une situation restée en suspens.
Pour les Algériens vivant en France, le certificat de résidence de dix ans demeure un sésame précieux. Il garantit une stabilité durable, à condition parfois de faire valoir ses droits devant la justice.
Ce dossier illustre comment une démarche judiciaire peut renverser une décision préfectorale défavorable. Au-delà du cas individuel, il souligne le rôle protecteur du juge administratif face aux carences de l’administration. Un recours qui, ici, a permis à une Algérienne de sécuriser son avenir sur le sol français.

