La cherté du carburant en France se transforme peu à peu en véritable crise sociale. Ce mardi 15 septembre, plusieurs ports de la façade méditerranéenne, dont celui de Sète, ont été paralysés par des pêcheurs à bout de souffle, dénonçant des charges insupportables et des conditions de travail en constante détérioration.
La flambée du carburant à l’origine de la colère des pêcheurs
La montée des prix de l’énergie pèse lourdement sur l’économie française. Dans un contexte international marqué par des tensions énergétiques et l’envolée des cours du pétrole, les automobilistes comme des secteurs entiers de l’activité économique subissent de plein fouet cette hausse.
Pour les professionnels de la pêche, la situation est devenue intenable. Le poids des charges liées au gazole rogne leurs marges et menace directement la survie de nombreuses embarcations sur le littoral méditerranéen.
Face à cette impasse, la profession a choisi la voie de l’action collective pour se faire entendre des autorités françaises et européennes.
Un terminal pétrolier bloqué à Fos-sur-Mer
La mobilisation a débuté lundi à l’initiative des comités régionaux de pêche d’Occitanie, de la région Paca et de Corse, appuyés par des syndicats de marins. Les organisateurs ont prévenu que le mouvement durerait tant qu’aucune réponse concrète ne serait apportée aux revendications du secteur.
L’opération la plus marquante s’est déroulée dans les Bouches-du-Rhône. Le terminal pétrolier de Fos-sur-Mer a été bloqué dès 3 heures du matin par une cinquantaine de pêcheurs, empêchant l’accès à des dizaines de camions citernes.
Le déblocage n’est intervenu qu’aux alentours de 10 heures, à la suite de l’intervention des forces de l’ordre, selon les informations rapportées par l’AFP.
« L’Europe nous tue » : la colère gronde dans les ports méditerranéens
À Sète, plateforme majeure du transport de voyageurs en Méditerranée, une action identique a paralysé les activités ce mardi. Les manifestants ont immobilisé les ferries amarrés à quai, autorisant le débarquement des passagers arrivants mais empêchant tout départ.
D’autres sites portuaires ont également été touchés, notamment ceux de Port-La Nouvelle, dans l’Aude, et de Port-Vendres, dans les Pyrénées-Orientales, où le premier blocage avait débuté dès lundi.
« L’Europe nous tue », « L’UE coule nos bateaux et Paris nous regarde » : tels sont les slogans scandés par les pêcheurs rassemblés devant le terminal de Fos-sur-Mer.
Vers un dialogue avec les autorités
Le ministère de la Mer et de la Pêche a réagi en indiquant à l’AFP que la ministre Catherine Chabaud avait pris connaissance des doléances. Elle a annoncé qu’elle recevrait les représentants de la profession dans les prochains jours.
Interrogé sur BFMTV, le président du comité stratégique des supermarchés E.Leclerc a écarté tout risque de pénurie à ce stade. Il a néanmoins reconnu que ces actions ne feraient que « paralyser » l’activité, jugeant le blocage d’un port pétrolier « pas logique ».
Quel impact sur les liaisons maritimes avec l’Algérie ?
Les compagnies maritimes qui relient l’Algérie depuis le port de Sète, à savoir GNV, Algérie Ferries et Corsica Linea, n’ont signalé aucune perturbation de leurs traversées. À ce stade, aucun désagrément lié aux blocages n’a été rapporté par ces opérateurs.
Rien n’indique pour l’heure que les liaisons vers les ports algériens soient réellement affectées. Aucune des compagnies desservant l’Algérie n’a évoqué de modification de programme en raison du mouvement de protestation.
Le cas de la traversée Marseille – Oran
Lundi, Algérie Ferries a toutefois annoncé le report à mercredi de la liaison Marseille – Oran, initialement programmée ce mardi à bord du ferry El Djazaïr II. La compagnie a évoqué des raisons indépendantes de sa volonté, sans fournir davantage de précisions.
Il convient de noter que le port de Marseille ne figure pas parmi les sites bloqués recensés par les médias français. Le lien entre ce report et le mouvement de contestation reste donc à confirmer.
La mobilisation des pêcheurs illustre l’ampleur du malaise provoqué par la cherté du carburant en France. Si les traversées vers l’Algérie semblent épargnées pour le moment, l’évolution du conflit social mérite une attention soutenue dans les jours à venir.




