Le Sahara Blend, brut de référence de l’Algérie, s’impose comme l’un des pétroles les plus chers de l’OPEP au premier semestre 2026. Selon le rapport mensuel de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole publié en juillet, ce brut algérien a enregistré la plus forte hausse en valeur parmi les principaux pétroles arabes sur cette période. Son cours moyen a grimpé à 96,04 dollars le baril entre janvier et juin, contre 72,13 dollars un an plus tôt.
Cette progression représente un gain de 23,91 dollars par baril, soit un bond supérieur à 33 % sur douze mois. D’après les données de l’OPEP, aucun autre brut arabe suivi par l’organisation n’a affiché une augmentation aussi marquée en valeur absolue durant ce semestre.
Dans le même intervalle, le panier de référence de l’OPEP a lui aussi progressé fortement. Sa valeur moyenne est passée de 72,04 dollars au premier semestre 2025 à 93,67 dollars le baril sur les six premiers mois de 2026, soit une hausse de 30 %.
Les tensions au Moyen-Orient soutiennent les cours du pétrole algérien
Cette flambée des prix trouve son origine dans un contexte géopolitique tendu au premier semestre 2026. Le conflit impliquant l’Iran et les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz ont fait craindre une rupture d’approvisionnement énergétique mondial.
Ce passage stratégique concentre en effet une part majeure des exportations pétrolières internationales. L’incertitude autour de sa fermeture a poussé les cours à la hausse sur les places financières, un mouvement dont a largement bénéficié le brut algérien.
Le brut algérien parmi les plus chers de la région
Malgré cette envolée, le Sahara Blend se classe deuxième parmi les pétroles arabes les plus onéreux du semestre. Le hydrocarbure algérien reste juste derrière son concurrent saoudien, selon le classement établi par l’organisation.
Voici le détail des principales références arabes sur le premier semestre 2026 :
- Arab Light (Arabie saoudite) : 96,88 dollars le baril, contre 73,65 dollars un an avant (+31,54 %).
- Saharan Blend (Algérie) : 96,04 dollars, contre 72,13 dollars (+33,15 %).
- Kuwait Export (Koweït) : 95,13 dollars, contre 72,94 dollars (+30,42 %).
- Es Sider (Libye) : 94,47 dollars, contre 70,67 dollars (+33,7 %), la plus forte hausse en pourcentage.
- Basrah Medium (Irak) : 93,57 dollars, contre 71,39 dollars (+31,07 %).
- Murban (Émirats arabes unis) : 89,06 dollars, contre 71,93 dollars (+23,81 %).
Un repli des cours observé en juin 2026
Après plusieurs mois d’ascension, les prix ont marqué le pas en juin 2026. Le Sahara Blend est ainsi retombé à 87,27 dollars le baril, un niveau nettement inférieur à sa moyenne semestrielle de 96,04 dollars.
Pour le seul mois de juin, la hiérarchie des grands bruts arabes s’établissait comme suit :
- Arab Light : 96,89 dollars le baril ;
- Kuwait Export : 92,28 dollars ;
- Saharan Blend : 87,27 dollars ;
- Es Sider : 86,47 dollars ;
- Basrah Medium : 85,10 dollars ;
- Murban : 81,80 dollars.
Les grandes références internationales également en hausse
Sur les marchés mondiaux, le Brent a atteint une moyenne de 87,60 dollars le baril au premier semestre 2026, en progression de 24 % sur un an. De son côté, le WTI américain a gagné 23 % pour s’établir à 83 dollars le baril.
À l’inverse, certaines références régionales situées hors du panier OPEP ont nettement décroché en juin. Le pétrole omanais est ainsi passé de 102,10 dollars en mai à 79,25 dollars le mois suivant, soit une chute de 22,4 %.
Le brut de Dubaï a connu une trajectoire comparable, reculant de 101,29 dollars à 79,97 dollars le baril, une baisse de 21 %. Ces variations illustrent la volatilité qui a marqué la fin du semestre sur les marchés énergétiques.
Une attractivité confirmée pour le pétrole algérien
La performance du Sahara Blend souligne à nouveau la place solide du pétrole algérien sur la scène internationale. Sa composition particulière lui vaut une demande soutenue de la part des raffineurs et des acheteurs étrangers.
Ce brut se distingue en effet par une faible teneur en soufre et une densité élevée, deux critères recherchés sur les marchés. Ces caractéristiques lui permettent de bénéficier d’une prime face à plusieurs autres pétroles commercialisés par les pays producteurs.
Le premier semestre 2026 confirme ainsi le positionnement stratégique de l’Algérie parmi les grands exportateurs d’hydrocarbures. Reste à observer si ce niveau de prix se maintiendra dans un environnement géopolitique toujours incertain.
