Le passeport algérien et les difficultés liées à son renouvellement sont revenus au centre du débat public. En réponse à une question écrite déposée par Abdelouahab Yagoubi, député sortant représentant les Algériens de France, le ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger a livré plusieurs éclaircissements sur la forte affluence enregistrée dans les consulats d’Algérie à travers le monde.
Une forte pression sur les consulats d’Algérie en 2024 et 2025
Dans sa réponse, rendue publique par le parlementaire de la diaspora, le ministère reconnaît une « forte affluence » observée dans les représentations consulaires algériennes à l’étranger. Ce phénomène, concentré sur la période 2024-2025, a engendré une pression importante sur les services chargés de traiter les demandes.
Les autorités relient cette hausse spectaculaire des demandes à un facteur bien identifié : l’arrivée à échéance de nombreux documents biométriques. Ces titres, comme le rappelle le ministère, avaient été « délivrés il y a dix ans lors de la généralisation du passeport biométrique », entraînant mécaniquement une vague de renouvellements simultanés.
Un processus qui implique plusieurs administrations
Le ministère insiste également sur la complexité de la procédure de renouvellement du passeport algérien. Selon lui, l’émission du document ne dépend pas uniquement des services diplomatiques et consulaires, mais mobilise aussi d’autres départements ministériels.
« Le renouvellement du passeport biométrique nécessite, en plus des services assurés par notre département ministériel central et extérieur, l’intervention de services relevant d’autres départements ministériels, notamment pour sa préparation et sa délivrance », précise la Tutelle. Cette coordination interinstitutionnelle vise, d’après le ministère, à améliorer la qualité du service rendu à l’ensemble des citoyens, y compris ceux établis hors des frontières.
Des chiffres attendus mais absents de la réponse ministérielle
Si le député salue les explications fournies sur l’origine de cette pression consulaire, il regrette néanmoins l’absence de données concrètes. Aucun chiffre n’a été communiqué concernant le délai moyen de délivrance d’un passeport ni le nombre exact de dossiers encore en attente de traitement.
Abdelouahab Yagoubi avait pourtant sollicité des précisions détaillées afin de mieux évaluer l’ampleur des retards subis par la communauté algérienne installée à l’étranger. Cette absence de statistiques laisse ainsi une partie de ses interrogations sans réponse claire.
Numérisation des services consulaires : des zones d’ombre persistantes
Le parlementaire a par ailleurs interrogé le ministère sur la dématérialisation des démarches. Il souhaitait connaître la liste des services consulaires que les Algériens de l’étranger peuvent désormais réaliser entièrement en ligne, sans se déplacer.
Sa demande portait aussi sur l’existence éventuelle d’une « plate-forme numérique unifiée et globale » ainsi que sur la date prévue de son lancement. Un enjeu majeur pour une diaspora souvent confrontée à des files d’attente et à des rendez-vous difficiles à obtenir.
Là encore, le député exprime sa déception. Selon lui, la réponse ministérielle se limite à confirmer « l’existence d’efforts visant à développer les services numériques », sans indiquer le pourcentage réel de prestations disponibles en ligne ni de calendrier précis pour la plateforme unifiée.
La question sensible des frais consulaires
Un autre volet de l’interpellation concernait les montants perçus par les centres diplomatiques et consulaires au titre des différentes prestations. Le parlementaire souhaitait obtenir la grille tarifaire appliquée ainsi que d’éventuelles perspectives de révision de ces frais.
Sur ce point également, la transparence attendue n’a pas été au rendez-vous. Le ministère n’a fourni ni le détail des tarifs actuels ni d’indication sur une possible réévaluation, laissant les usagers dans l’incertitude quant au coût réel des services consulaires.
Pour toute demande de précision financière, la Tutelle s’est bornée à renvoyer les personnes concernées vers un cadre institutionnel bien précis. Elle indique que « les informations détaillées relatives à ce sujet peuvent être consultées lors de la présentation de la loi de règlement budgétaire ».
En définitive, si le ministère reconnaît la surcharge subie par les consulats d’Algérie et en explique les causes, plusieurs questions essentielles restent en suspens. Délais de traitement, ampleur de la numérisation et transparence tarifaire demeurent des attentes fortes de la diaspora, qui espère des réponses plus concrètes dans les prochains mois.
