L’expulsion vers l’Algérie d’un ressortissant algérien a tourné à l’incident à l’aéroport Marseille Provence. Âgé de 28 ans, l’homme a catégoriquement refusé d’embarquer pour Alger, affirmant croire qu’il partait rejoindre la Suisse. Son opposition, marquée par des violences, l’a conduit devant la justice en comparution immédiate.
Les faits se sont déroulés le vendredi 19 juin 2026, sur la plateforme aéroportuaire de Marignane, dans les Bouches-du-Rhône. Merwan y avait été convoqué pour prendre place à bord d’un appareil à destination de la capitale algérienne. Au moment de monter dans l’avion, il a fermement refusé de coopérer.
Ce refus d’embarquer constitue, sur le plan juridique, une soustraction à l’obligation de quitter le territoire français. Une infraction qui a rapidement débouché sur une procédure judiciaire, alors que l’homme se trouvait dans une situation administrative particulièrement enchevêtrée.
Un refus d’embarquer accompagné de violences à l’aéroport de Marseille
Face aux policiers chargés de l’accompagner, Merwan a laissé éclater sa colère. Selon les éléments rapportés, il s’est frappé la tête à plusieurs reprises contre un siège de l’appareil, refusant toute forme de coopération avec les agents.
La scène a rapidement dégénéré. L’homme s’est débattu avec force, tentant de mordre l’un des fonctionnaires et distribuant des coups de pied. Un policier a été légèrement blessé, présentant des égratignures au niveau du bras à l’issue de l’intervention.
Ces débordements ont donné lieu à une seconde qualification pénale, celle de rébellion. À l’infraction liée à son refus de quitter le sol français s’ajoutait désormais un chef d’accusation supplémentaire, aggravant la situation du prévenu.
Une comparution immédiate devant le tribunal d’Aix-en-Provence
Interpellé après l’incident, Merwan a été déféré devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence dans le cadre d’une comparution immédiate. Cette procédure permet de juger rapidement les personnes prises en flagrant délit, sans attendre une instruction longue.
À la barre, le jeune homme a livré sa version des faits. Il a assuré avoir obtenu un droit d’asile en Suisse et être convaincu, en se présentant à l’aéroport, qu’il rejoignait ce pays. Selon ses déclarations, ce n’est qu’au moment de l’embarquement qu’il aurait réalisé que l’avion filait vers Alger.
Une situation administrative jugée complexe
Pour justifier son opposition, Merwan a invoqué des craintes personnelles. « J’ai des problèmes en Algérie », a-t-il lancé devant les magistrats, expliquant son refus de retourner dans son pays d’origine par des motifs de sécurité.
L’affaire s’est encore compliquée à mesure que les éléments du dossier se dévoilaient. D’après le parquet, l’homme disposerait également de documents administratifs en Espagne, en plus de l’asile revendiqué en Suisse. La procureure a évoqué une situation embrouillée, tout en pointant une « certaine mauvaise foi » chez le prévenu.
Réquisitions et plaidoirie autour de l’expulsion vers l’Algérie
Le ministère public a réclamé une peine ferme à l’encontre du prévenu. La procureure a requis quatre mois d’emprisonnement, assortis d’une interdiction du territoire français d’une durée de trois ans, insistant sur le refus répété de l’homme de se conformer à la mesure d’éloignement.
La défense, elle, a adopté une tout autre stratégie. Me Foulon, l’avocat de Merwan, a sollicité la relaxe de son client. Il a remis en cause la qualification de violence, estimant que les blessures subies par le policier relevaient de l’accident plutôt que d’une intention de nuire.
Selon la défense, il ne s’agissait que d’un débordement compréhensible, provoqué par la pression de quatre fonctionnaires encadrant un seul homme. L’avocat a interpellé directement les juges, leur demandant s’ils allaient rendre « une décision juste ou injuste ».
La condamnation prononcée par le tribunal
Après délibération, la juridiction aixoise a tranché. Merwan a été condamné à une peine de trois mois d’emprisonnement, légèrement en deçà des réquisitions du parquet, mais assortie d’une sanction complémentaire lourde de conséquences.
Le tribunal a en effet prononcé une interdiction définitive du territoire français. Cette mesure signifie que l’homme ne pourra plus revenir légalement en France, quel que soit le motif invoqué à l’avenir, une décision plus sévère que les trois ans initialement demandés.
Ce dossier illustre la complexité croissante des procédures d’éloignement visant des ressortissants algériens en Europe, souvent détenteurs de statuts administratifs multiples entre plusieurs pays. Il met aussi en lumière les tensions récurrentes qui accompagnent les opérations d’expulsion vers l’Algérie depuis le territoire français.
