Le pouvoir d’achat en Algérie fait à nouveau débat après la diffusion d’une vidéo TikTok signée par un Algérien installé en France. Ce dernier y montre l’ensemble des produits qu’il parvient à réunir dans un supermarché algérien avec un simple billet de 2 000 dinars. La séquence a rapidement circulé et déclenché une avalanche de commentaires.
Selon l’auteur de la vidéo, cette somme équivaudrait à « environ 7 euros » si l’on retient le taux appliqué sur le marché parallèle. Au cours officiel, ce même montant se rapproche plutôt de 13 euros, un écart qui alimentera une partie des réactions.
Un panier bien rempli pour l’équivalent de 7 euros en Algérie
Face caméra, le TikTokeur lance son défi avec un ton enthousiaste : il annonce vouloir démontrer tout ce que 7 euros permettent d’acquérir dans un magasin algérien. Il parcourt ensuite les rayons en énumérant chaque prix affiché sur les étiquettes.
Ses premiers achats concernent des produits sucrés. Il attrape deux paquets de biscuits au chocolat facturés 145 dinars pièce, puis deux paquets de gaufrettes à 90 dinars chacun. À ce stade, il fait remarquer que la barre des 700 dinars n’est pas encore franchie.
Le contenu de son chariot s’étoffe rapidement. Il y ajoute un pot de mayonnaise vendu 160 dinars, trois paquets de pâtes proposés à 80 dinars les 500 grammes, ainsi que plusieurs autres articles de consommation courante.
Le détail des prix relevés en supermarché
La suite de ses emplettes met en avant les féculents, très présents dans l’alimentation quotidienne. Le vidéaste sélectionne un kilo de riz à 500 dinars, qu’il chiffre à peu près à 1,40 euro le kilogramme.
Il complète avec un kilo de lentilles vendu 270 dinars, avant de terminer par un sac de riz basmati de 5 kilos affiché à 650 dinars. L’ensemble illustre, selon lui, des tarifs jugés attractifs comparés à ceux pratiqués en Europe.
Le taux de change au cœur du débat sur le dinar
Si le créateur de contenu se réjouit des prix relativement bas des denrées en Algérie, les internautes ont surtout retenu deux aspects. Le premier porte sur le taux de conversion utilisé, le second sur la réalité du niveau de vie local.
De nombreux commentateurs jugent que la comparaison avec l’euro fausse la perception. Convertir un billet de 2 000 dinars en 7 euros ne traduit pas, selon eux, la situation économique concrète que vivent les ménages algériens au quotidien.
Cette distinction entre valeur affichée et pouvoir d’achat réel revient régulièrement dans les échanges autour du dinar. Le montant peut sembler modeste vu de France, mais il représente une somme bien plus significative pour un habitant du pays.
Le pouvoir d’achat des Algériens remis en perspective
Plusieurs réactions parmi les plus relayées replacent ce billet de 2 000 dinars dans le contexte des revenus locaux. Un internaute rappelle qu’il correspond à environ 10 % du salaire minimum, fixé à 20 000 dinars en Algérie.
Un autre commentaire insiste sur un point souvent oublié dans ce type de vidéo. Cette somme équivaudrait, selon lui, à une journée complète de travail pour un salarié algérien, ce qui change radicalement la lecture du panier présenté.
Le lien entre salaires et coût des produits
Ces retours mettent en évidence une réalité que les comparaisons monétaires masquent facilement. Le prix d’un produit ne peut être analysé indépendamment des salaires versés dans le pays où il est vendu.
Autrement dit, des tarifs qui paraissent avantageux pour un visiteur ou un résident étranger pèsent bien plus lourd dans le budget d’un consommateur local. C’est précisément ce décalage que beaucoup souhaitent voir souligné.
Ce débat illustre à quel point les vidéos comparant les prix entre l’Algérie et l’Europe suscitent des réactions contrastées. Derrière l’apparente simplicité d’un panier à 7 euros se cache une question de fond sur le pouvoir d’achat et les écarts de niveau de vie.
