La problématique des objets pris pendant la période coloniale française en Algérie est de retour dans l’actualité au musée d’Angoulême, en Charente. Parmi les pièces qui suscitent des interrogations se trouve un collier d’amulette, dont l’acquisition semble douteuse. Les récentes recherches effectuées par la direction du musée ont révélé des informations intrigantes.
L’histoire troublée du collier de Sétif
La collection du musée d’Angoulême comprend environ 3200 objets, offerts dans les années 1930 par le Docteur Lhomme, médecin originaire de Charente. D’après la directrice Émilie Salaberry, ces objets ont été obtenus durant la période la plus prospère de l’empire colonial. Cependant, sur Franceinfo, elle se questionne : « Comment un homme qui n’a jamais quitté la France a-t-il pu réunir autant d’objets à la fin du XIXe et début du XXe siècle ? » Cette remarque soulève des doutes quant aux véritables circonstances de leur acquisition.
En particulier, le collier de Sétif attire l’attention. Salaberry le qualifie de typique de l’Afrique de l’Ouest et du Maghreb et exprime des réserves quant à la manière dont il a été obtenu. Grâce à ses recherches, l’origine exacte de cet objet a été élucidée, révélant qu’il aurait été tiré d’une tombe à Sétif par un soldat français avant d’être donné au docteur Lhomme. Ce cheminement est confirmé par une lettre récemment découverte.
Vers une potentielle restitution des objets culturelles
Contrairement aux grands musées parisiens comme le Musée d’Orsay, les musées régionaux disposent de moyens limités pour investiguer sur l’histoire de leurs collections. La découverte de la provenance de certaines œuvres nécessite du temps, du personnel et l’accès à des archives souvent dispersées. Malgré ces contraintes, le musée d’Angoulême a déjà pris des initiatives en restituant des pièces archéologiques au Cameroun il y a deux ans.
Une loi sur la restitution d’objets pillés durant la colonisation est actuellement à l’étude au Parlement français. Ce projet de loi pourrait faciliter les demandes de restitution formulées par les anciens territoires colonisés et renforcer l’obligation de recherche sur la provenance des objets non-européens. Dans ce contexte, le cas du collier de Sétif est symbolique, illustrant les défis que les musées français doivent relever. Si les débats parlementaires aboutissent, cela pourrait permettre à l’Algérie de demander officiellement la restitution du collier.