Algérie-Maroc : réouverture exceptionnelle d’un poste frontalier et rapatriement de 56 migrants marocains. Une opération rare aux enjeux migratoires.
Une ouverture exceptionnelle du poste frontalier
Le 30 avril 2026, un passage terrestre situé à la frontière entre l’Algérie et le Maroc a été rouvert de manière temporaire. Cet événement, qui déroge au protocole de fermeture en vigueur depuis plus de trois décennies, a permis un échanges entre les autorités des deux nations.
L’opération s’est effectuée en matinée, par le passage terrestre du Colonel Lotfi, connu aussi sous le nom de « Zoudj Bghal », à la ligne frontière entre les pays. Les autorités algériennes ont ainsi transféré 56 ressortissants marocains qui étaient se trouvaient dans une situation irrégulière en Algérie. Le média marocain Dalil Rif précise que ces personnes étaient toutes des hommes, soit candidats à l’émigration, soit résidents sans titre de séjour valide.
Origines géographiques variées des rapatriés
Les citoyens remis aux autorités marocaines provenaient de villes très diverses à travers le Maroc. Parmi ces villes, on retrouve Oujda, Nador, Taounate, Rissani, Taza, Jerf El Melha, Aïn Bni Mathar, Ksar El Kébir, Fès, Laâyoune orientale, Tinghir, Salé, Settat, El Hajeb, Khénifra, La Qalâa, Kénitra, Zagora, Dar Bouazza, Youssoufia et Berkane. Cette diversité témoigne de l’envergure géographique des individus tentant d’émigrer.
L’Association marocaine d’aide aux migrants, située à Oujda, a indiqué que certains cas faisaient l’objet d’un suivi depuis près de deux mois. Une coordination avec les familles a permis d’obtenir les documents nécessaires pour confirmer l’identité des concernés, dans le cadre des dossiers de prisonniers et autres migrants candidats à l’émigration.
Accueil des rapatriés à la frontière
Les rapatriés ont été accueillis par leurs proches au centre frontalier. L’association a promis de continuer à suivre ces dossiers de près et à apporter le soutien nécessaire après leur retour au Maroc. Cette initiative illustre la coopération bilatérale sur les questions migratoires, malgré des relations diplomatiques tendues.
Les points de passage entre l’Algérie et le Maroc, fermés depuis 1994 pour la circulation normale des citoyens et des biens, restent accessibles à ces opérations spéciales pour raisons humanitaires ou migratoires.
En une époque de tensions régionales sur la migration, de nombreux candidats à l’émigration transitent par l’Algérie pour espérer rejoindre l’Europe. Les organisations de défense des migrants poussent pour un traitement respectueux des droits humains dans ces situations.