La Banque d’Algérie a dévoilé récemment une nouvelle directive KYC (Know Your Customer), qui s’appliquera à toutes les institutions bancaires du pays. Cette annonce a été faite par Mohamed Lamine Lebbou, gouverneur de la banque, lors d’un événement tenu au Centre international des conférences à Alger. La démarche s’inscrit dans un cadre international visant à renforcer le contrôle des flux financiers et à limiter les activités de blanchiment d’argent.
Renforcement des procédures d’identification à la Banque d’Algérie
Avec cette nouvelle directive, l’objectif est que les banques algériennes revisitent leurs processus afin de respecter les exigences KYC. Ce protocole impose une vérification rigoureuse sur l’identité des clients, leur activité financière, et la source des fonds déposés ou transférés. Mohamed Lamine Lebbou a précisé que le texte prend en compte les particularités locales, permettant ainsi aux opérateurs de déclarer leurs revenus futurs et de clarifier l’utilisation anticipée de leurs fonds. Les banques devront mettre à jour les dossiers clients, récolter de nouvelles informations, et effectuer un suivi plus rigoureux des opérations financières.
La numérisation au service des flux informels
Un des axes prioritaires de la Banque d’Algérie est de promouvoir la numérisation dans les services bancaires. Cette démarche a pour but de diminuer l’usage du cash en Algérie et de rediriger les transactions vers le secteur formel. Une grande partie de l’économie nationale fonctionne encore en dehors du réseau bancaire classique. Grâce à des outils numériques comme les paiements électroniques et la gestion des comptes en ligne, cette nouvelle approche vise à améliorer la transparence des opérations financières. Algérie Poste, par exemple, a déjà intégré le KYC dans sa mise à jour des bases de données clients.
Élargissement du marché bancaire
Le secteur bancaire en Algérie est en pleine mutation avec l’émergence de nouveaux acteurs. La nouvelle loi permet désormais l’entrée de banques numériques et de fournisseurs de services de paiement. Actuellement, plusieurs projets sont en examen par la Banque d’Algérie, portant sur des entités spécialisées dans des services financiers numériques. Avant d’accorder une autorisation, la banque évalue plusieurs critères techniques et financiers des candidats. Ces réformes s’inscrivent dans un plan plus large de modernisation du système financier algérien.