À partir du début de l’année 2026, la maîtrise du français pour obtenir une carte de séjour pluriannuelle sera renforcée. Des organisations telles que Portes ouvertes 65 dans les Hautes-Pyrénées s’opposent à cette décision, qu’elles jugent inadaptée aux réalités de l’apprentissage des personnes étrangères.
Atelier de simulation à Tarbes
Le 3 décembre 2025, un atelier public a été organisé par l’association Portes ouvertes 65 à Tarbes. Une quinzaine de participants ont été invités à évaluer leurs compétences en français, tant à l’oral qu’à l’écrit, à travers des exercices similaires à ceux demandés lors des démarches pour obtenir un titre de séjour. L’objectif de cette initiative était d’illustrer concrètement les défis posés par le rehaussement du niveau exigé de A1 à A2 dès 2026 pour l’obtention d’une carte de séjour valable deux ans. Cette nouvelle exigence signifie que les requérants devront naviguer avec aisance dans des situations plus complexes et comprendre des textes plus élaborés.
Retour sur les difficultés rencontrées par les participants
Durant l’atelier, les participants ont fait face à des exercices pratiques. Yullia, venue d’Ukraine en 2022, devait par exemple comprendre un message écrit simple. Bien qu’elle réussisse à converser à l’oral, l’écrit reste un défi : « Je ne sais pas comment écrire certains mots comme “cheveux” », a-t-elle confié à France Bleu. Séda, arrivée de Tchétchénie en 2013, partage ses difficultés malgré son parcours scolaire en France. Elle souligne qu’il est ardu de passer de l’oral à l’écrit. Patrice, un participant français, a noté que certains termes techniques peuvent être complexes à saisir pour des non-francophones.
Réaction des associations face aux nouvelles mesures
Jean-Luc Planet, président de La Cimade dans les Hautes-Pyrénées, a exprimé une forte opposition lors de l’atelier. Il dénonce ces mesures qui, selon lui, ne font qu’accroître les souffrances. Il pointe le décalage entre le temps requis pour apprendre une langue et les attentes élevées des autorités. Selon les associations, environ 20 000 personnes pourraient risquer de devenir clandestines d’ici 2028 si elles ne parviennent pas à atteindre le niveau A2 en français écrit, bien qu’elles soient souvent déjà intégrées socialement et professionnellement.
