L’expulsion de 34 sans-papiers marocains par l’Algérie a eu lieu le lundi 15 juin 2026, à travers le poste-frontière Colonel Lotfi, situé en face de Zouj Bghal, côté marocain, à proximité d’Oujda. Cette remise concerne uniquement des hommes en situation irrégulière sur le sol algérien.
L’opération s’inscrit dans le cadre d’une procédure encadrée visant des personnes dépourvues de statut légal. D’après les informations relayées par des médias locaux, la plupart de ces jeunes avaient déjà purgé leur peine dans des prisons algériennes. Les autres faisaient l’objet de démarches liées à leur situation administrative.
Pour les autorités algériennes, cette action combine application de la loi et dimension humanitaire. L’État a fait respecter sa réglementation sur l’entrée, le séjour et la circulation des étrangers, tout en offrant à ces ressortissants la possibilité de rejoindre leur famille au Maroc.
Une expulsion de Marocains marquée par un contexte diplomatique tendu
Le rapatriement de ces 34 Marocains survient dans un climat régional difficile, caractérisé par la fermeture de la frontière terrestre entre Alger et Rabat. Malgré cette rupture, les autorités algériennes ont organisé une remise structurée le long de l’axe Colonel Lotfi-Zouj Bghal.
Ce point de passage est utilisé de manière ponctuelle pour ce type d’opérations transfrontalières. Il reste l’un des rares corridors permettant le transfert encadré de personnes, malgré la suspension des relations bilatérales entre les deux voisins maghrébins.
Pour les proches, souvent privés de nouvelles durant plusieurs semaines, ce retour représente un véritable soulagement. Des familles attendaient les jeunes côté marocain, non loin de Zouj Bghal, dans l’espoir de retrouvailles longtemps espérées.
Une nouvelle vague de rapatriements depuis le début de 2026
Selon l’Association marocaine d’aide aux migrants en situation difficile à Oujda, il s’agirait de la huitième opération de ce type depuis janvier 2026. Le phénomène s’avère donc récurrent et structurel, loin d’être un événement isolé.
Les personnes remises proviennent de plusieurs régions du royaume. Parmi les villes d’origine figurent Oujda, Taounate, Taza, Berkane, Fès, Casablanca, Meknès, Jerada, Azilal et Tinghir. Cette diversité géographique illustre l’ampleur du mouvement migratoire vers l’Algérie.
Les motivations derrière ces traversées irrégulières
De nombreux jeunes Marocains franchissent illégalement la frontière algérienne dans l’espoir d’une vie meilleure. Certains recherchent des opportunités professionnelles, tandis que d’autres voient l’Algérie comme une étape vers d’autres destinations.
Une partie de ces migrants se retrouve toutefois arrêtée pour entrée ou séjour clandestin. Ils sont ensuite jugés selon la législation algérienne, avant d’être éventuellement renvoyés vers leur pays d’origine une fois leur peine accomplie.
L’Algérie applique sa législation tout en facilitant les retours
Le traitement de cette nouvelle vague montre une volonté de gérer le dossier par la voie administrative et humanitaire. Après l’exécution des peines ou l’examen des situations individuelles, les autorités algériennes coordonnent le retour des intéressés.
Cette méthode évite de transformer une question migratoire en crise humaine prolongée. Elle souligne aussi que la lutte contre l’immigration irrégulière n’est pas incompatible avec le respect de la dignité des personnes concernées.
Un enjeu régional plus large pour le Maghreb
La question des migrations irrégulières dépasse le seul cadre algéro-marocain. Elle touche l’ensemble de l’espace maghrébin, où les flux humains restent étroitement liés aux disparités économiques et aux tensions politiques.
La gestion de ces dossiers révèle les limites d’une coopération régionale aujourd’hui figée. Une frontière fermée complique le traitement des situations migratoires et oblige les États à recourir à des passages exceptionnels.
Pour ces 34 ressortissants marocains, l’arrivée à la frontière marque la fin d’une période d’incertitude et le début d’un retour vers leurs proches. Au-delà du cas individuel, cette opération rappelle l’urgence d’un dialogue durable entre Alger et Rabat sur les questions migratoires et humanitaires.