Grâce à une politique de protection du marché local et à des investissements dans le stockage agricole, l’Algérie a considérablement renforcé sa filière ailicole. Longtemps dominé par les importations chinoises, le secteur connaît aujourd’hui une dynamique de croissance portée par les producteurs de la région de Teleghma, dans la wilaya de Mila, devenue un véritable pôle national de production.
Une filière de récolte de l’ail relancée grâce à la protection du marché local
À Teleghma, la campagne de récolte de l’ail confirme le redressement spectaculaire de cette culture stratégique en Algérie. Les vastes superficies cultivées témoignent de l’essor d’une filière qui, il y a encore quelques années, peinait à résister à la concurrence des produits importés, notamment en provenance de Chine. La mise en place de mesures douanières strictes, dont une hausse importante des taxes à l’importation, ainsi que l’interdiction d’importer de l’ail durant certaines périodes, ont permis aux producteurs locaux de retrouver confiance et de développer leurs exploitations. Résultat : les surfaces cultivées ont fortement progressé et la production nationale atteint désormais un niveau capable de couvrir les besoins du marché intérieur.
Le stockage, un levier essentiel contre la spéculation
Le développement des chambres froides a également joué un rôle déterminant dans la structuration de la filière. Ces infrastructures permettent de conserver les récoltes sur une longue période et d’éviter l’effondrement des prix lors des pics de production. À Teleghma, plusieurs opérateurs achètent d’importantes quantités d’ail afin de les stocker avant leur remise sur le marché. Ce système contribue à stabiliser l’approvisionnement national tout en limitant les tensions saisonnières. Toutefois, les producteurs dénoncent encore la faiblesse de leurs marges face aux intermédiaires et réclament davantage de soutien pour accéder eux-mêmes aux moyens de stockage. Les autorités ont d’ailleurs annoncé des dispositifs de financement destinés aux agriculteurs souhaitant investir dans ce domaine.
Des défis persistants pour améliorer la compétitivité
Malgré les avancées enregistrées, la filière ailicole algérienne reste confrontée à plusieurs contraintes majeures. Les coûts de production ont fortement augmenté, notamment en raison de la hausse du prix des intrants agricoles et du manque de mécanisation. La récolte demeure largement manuelle, nécessitant une importante main-d’œuvre, souvent issue d’Afrique subsaharienne. À cela s’ajoute la question des semences, dont une partie reste importée ou issue de productions locales non certifiées, ce qui peut affecter les rendements et la qualité sanitaire. Pour renforcer durablement la compétitivité de l’ail algérien face à une éventuelle reprise des importations, les professionnels misent désormais sur une meilleure organisation de la filière et sur la valorisation de l’ail de Teleghma à travers une éventuelle Indication Géographique Protégée (IGP).