Le constructeur automobile italien finalise actuellement les préparatifs pour commercialiser la Fiat Grande Panda en Algérie, un modèle stratégique produit sur le site industriel de Tafraoui, situé dans la région d’Oran. Filiale du groupe Stellantis et unique fabricant de véhicules neufs actuellement actif sur le territoire algérien, la marque italienne compte énormément sur ce nouveau modèle pour concrétiser son ambition de fabriquer 90 000 unités au cours de l’année 2026. D’après une source bien informée, le démarrage commercial de ce véhicule devrait intervenir très prochainement, même si aucune date précise n’a été officiellement communiquée.
Un lancement de la Fiat Grande Panda attendu avant la fin du premier semestre
La pression monte pour Stellantis qui souhaite consolider et développer ses activités industrielles en Algérie, particulièrement face à l’arrivée imminente de concurrents majeurs. Des constructeurs comme Chery et Hyundai prévoient en effet d’inaugurer leurs propres unités de production dans le pays prochainement. Dans ce contexte concurrentiel renforcé, l’ouverture des précommandes et le démarrage effectif de la fabrication en série pourraient se concrétiser avant la clôture du premier semestre 2026.
Selon les informations recueillies, la direction de Fiat Algérie reste confiante quant à sa capacité d’atteindre le seuil des 90 000 véhicules assemblés cette année grâce à l’introduction de la Grande Panda. Ce modèle présente en effet des caractéristiques particulières qui en font un atout majeur pour le marché automobile algérien.
Une citadine assemblée en CKD, une première industrielle pour l’Algérie
La Fiat Grande Panda répond à une demande importante du marché algérien, qui manque cruellement de citadines polyvalentes dans cette catégorie depuis l’interdiction des importations de véhicules neufs par les concessionnaires agréés. Cette voiture vient donc combler un vide commercial important pour les automobilistes algériens.
Au-delà de son positionnement commercial pertinent, ce modèle représente une avancée industrielle significative pour l’Algérie. Il s’agit en effet du premier véhicule assemblé selon le procédé CKD (Completely Knocked Down) dans le pays. Des opérations essentielles comme le ferrage et la peinture sont désormais réalisées localement dans l’usine de Tafraoui, marquant ainsi une évolution notable dans le processus de production automobile national.
Des étapes de fabrication majeures intégrées localement
Cette intégration locale des phases de ferrage et de peinture constitue une première pour l’industrie automobile algérienne. Ces deux étapes cruciales dans la chaîne de fabrication d’un véhicule sont désormais effectuées intégralement sur le sol algérien, témoignant d’un transfert technologique substantiel vers l’usine oranaise.
L’objectif de 90 000 véhicules en 2026 menacé par les retards
Malgré l’optimisme affiché, des contraintes techniques liées notamment aux procédures d’homologation et à l’adaptation aux spécificités locales ont occasionné des délais supplémentaires. Ces retards dans le calendrier initialement prévu mettent en péril la réalisation de l’objectif annuel de production fixé par Stellantis pour son site algérien.
Les chiffres actuels de production révèlent une situation préoccupante. Samir Cherfan, responsable des opérations de Stellantis pour la zone Moyen-Orient et Afrique, a indiqué que l’usine de Tafraoui a fabriqué 90 000 automobiles depuis son inauguration en décembre 2023. Cela signifie que seulement 20 000 unités ont été assemblées depuis janvier 2026, soit une cadence inférieure à 5 000 véhicules mensuels.
Fiat Algérie maintient ses prévisions malgré une cadence ralentie
À cette allure de production, et sans l’apport de la Fiat Grande Panda, l’usine algérienne n’atteindrait qu’un volume de production de moins de 60 000 véhicules pour l’ensemble de l’année 2026. Un écart conséquent par rapport aux ambitions affichées par le groupe automobile.
Néanmoins, les responsables de la marque italienne se montrent optimistes et affirment que l’objectif de 90 000 unités demeure tout à fait réalisable. Ils tablent principalement sur l’effet d’entraînement qu’engendrera la mise en production de la Grande Panda pour redresser la courbe et rattraper le retard accumulé durant les premiers mois de l’année.
L’introduction de ce nouveau modèle sur les chaînes d’assemblage devrait donc modifier profondément la dynamique de production du site de Tafraoui. Reste désormais à surveiller que d’autres obstacles, qu’ils soient logistiques, administratifs ou commerciaux, ne viennent pas perturber les plans de Stellantis pour son activité algérienne. La réussite de ce lancement conditionnera largement la capacité du groupe à maintenir sa position dominante face à l’arrivée prochaine de nouveaux acteurs industriels dans le secteur automobile algérien.