Les règles encadrant les importations en Algérie se durcissent nettement. À travers une nouvelle instruction bancaire signée par le gouverneur Mohamed Lamine Lebbou, la Banque d’Algérie impose désormais aux banques un contrôle approfondi de la santé financière des entreprises avant toute opération d’importation destinée à la revente.
Cette réforme introduit un nouveau filtre bancaire qui pourrait modifier en profondeur les pratiques des opérateurs économiques et limiter les risques liés aux engagements financiers non couverts.
Importations en Algérie : un contrôle renforcé avant chaque opération
Avec l’instruction n°05-2026, la Banque d’Algérie exige désormais des banques une analyse détaillée de la capacité financière réelle des importateurs.
Jusqu’ici, les établissements bancaires s’appuyaient principalement sur les documents commerciaux classiques. Désormais, ils devront examiner les états financiers transmis à l’administration fiscale afin de vérifier que les actifs nets de l’entreprise atteignent au minimum le niveau de son capital social.
Cette mesure concerne directement les opérations liées aux importations en Algérie destinées à la revente en l’état.
Pour les entreprises récemment créées, les banques pourront utiliser plusieurs documents alternatifs :
- un bilan d’ouverture ;
- une situation financière intermédiaire ;
- des documents validés par un commissaire aux comptes.
Ce mécanisme vise à renforcer la fiabilité des dossiers bancaires avant toute domiciliation d’importation.
La Banque d’Algérie fixe un plafond sur les engagements des importateurs
Autre changement majeur : les opérateurs économiques ne pourront plus multiplier librement les engagements bancaires liés aux importations en Algérie.
Selon les nouvelles règles, le volume total des opérations domiciliées mais non encore réglées auprès des différentes banques ne devra pas dépasser 100 % des fonds propres de l’entreprise.
Avant chaque nouvelle demande, les importateurs devront également fournir une déclaration détaillant l’ensemble de leurs engagements ouverts auprès des autres établissements financiers agréés.
À travers cette disposition, la Banque d’Algérie cherche à améliorer la visibilité du système bancaire sur les risques cumulés des opérateurs et à limiter les situations de surexposition financière.
Des mesures qui redéfinissent les importations en Algérie
Les nouvelles dispositions apportent aussi des précisions sur le traitement des opérations en cours. Une importation ne sera considérée comme totalement soldée qu’après le débit définitif du compte bancaire de l’opérateur pour le montant exact de la transaction. Les marchandises déjà expédiées avant la signature de l’instruction restent toutefois soumises à l’ancien dispositif réglementaire.
Cette réforme marque une nouvelle étape dans le contrôle des importations en Algérie. Derrière ces mesures, les autorités cherchent à renforcer la discipline financière des entreprises tout en réduisant les risques bancaires liés aux opérations commerciales extérieures.
Pour de nombreux opérateurs, cette évolution pourrait entraîner un durcissement des conditions d’accès aux importations, notamment pour les entreprises présentant une trésorerie fragile ou des engagements bancaires élevés. Avec cette instruction, la Banque d’Algérie redessine clairement les règles du commerce extérieur. Les importations en Algérie entrent désormais dans une phase de contrôle financier renforcé où la solidité économique des entreprises devient un critère central avant toute opération bancaire.