Le débat autour des relations entre la France et l’Algérie connaît un nouvel épisode. Lundi, sur franceinfo, Ségolène Royal a appelé à mettre fin à la « stigmatisation » d’Alger et à privilégier un dialogue diplomatique apaisé, alors que le ministre de la Justice Gérald Darmanin effectue une visite officielle à Alger. Cette prise de position intervient dans un contexte de reprise progressive de la coopération judiciaire entre les deux pays.
Une relance diplomatique après deux années de tensions
Les relations franco-algériennes semblent amorcer un tournant. Selon les éléments rapportés depuis Alger, les deux États ont acté une reprise de leur coopération judiciaire opérationnelle, suspendue depuis près de deux ans. Une évolution rendue possible dans un climat d’échanges diplomatiques renouvelés.
Dans ce contexte, Ségolène Royal estime qu’« il était temps, beaucoup de temps a été perdu », saluant cette dynamique de rapprochement. Elle dirige aujourd’hui le conseil d’administration de l’association France-Algérie, position qui lui permet de suivre de près les évolutions entre les deux rives de la Méditerranée.
La question du journaliste français Christophe Gleizes, détenu en Algérie, reste également au centre des discussions. L’ancienne candidate à la présidentielle a salué un geste des autorités algériennes concernant son rapprochement vers Alger, tout en appelant à éviter toute exploitation politique du dossier.
Un appel à rompre avec la logique de confrontation
Ségolène Royal a également critiqué la gestion récente des relations bilatérales, estimant que la responsabilité ne peut être attribuée à un seul acteur politique. Elle évoque une stratégie globale ayant conduit à une forme de rapport de force entre Paris et Alger.
Dans ses déclarations, elle insiste sur la nécessité de tourner la page des tensions : selon elle, il faut stopper « la stigmatisation » d’Alger et éviter d’imposer des conditions excessives à la reprise du dialogue. Elle plaide pour une diplomatie fondée sur le respect mutuel et la recherche de solutions communes.
L’ancienne ministre défend par ailleurs une vision élargie des relations bilatérales, allant au-delà des seuls enjeux judiciaires ou politiques. Elle évoque ainsi des perspectives de coopération dans les domaines économiques, sanitaires et technologiques, considérant que ces axes peuvent contribuer à stabiliser durablement les relations entre les deux pays.
Vers une nouvelle méthode diplomatique entre Paris et Alger
Pour Ségolène Royal, l’enjeu dépasse les tensions conjoncturelles. Elle appelle à un changement profond de perception de l’Algérie dans le débat public français, estimant que la relation doit désormais s’inscrire dans une logique de partenariat équilibré.
Dans un contexte de reprise des échanges institutionnels, cette prise de position relance le débat sur la méthode diplomatique à adopter entre les deux capitales, alors que les signaux d’apaisement restent encore fragiles.