L’immigration algérienne en France reste au cœur des statistiques officielles publiées pour l’année 2025. Malgré leur poids historique, les ressortissants algériens ont vu reculer le nombre de premiers titres de séjour obtenus. Les naturalisations et les visas accordés ont eux aussi enregistré une baisse notable sur douze mois.
Ces données proviennent de l’édition 2026 du rapport « L’essentiel de l’immigration », élaboré par le département des études, des statistiques et de la documentation (DSED) du ministère français de l’Intérieur. Ce document dresse un panorama complet des titres de séjour, des acquisitions de la nationalité française et des visas délivrés.
Le portrait démographique de la France fin 2025
Au 31 décembre 2025, la population française avoisinait 68,8 millions d’habitants. Parmi eux figuraient près de 6 millions d’étrangers, dont 5,1 millions nés hors du territoire et environ 900 000 nés en France.
À ces chiffres s’ajoutent 2,6 millions de personnes venues de l’étranger et ayant obtenu la nationalité française. La France comptait par ailleurs 4 661 411 étrangers titulaires d’un titre de séjour valide ou d’un document provisoire.
Ce total englobe les ressortissants extérieurs à l’Union européenne, mais aussi ceux de l’Espace économique européen, de Suisse et du Royaume-Uni. Il progresse de 3 % par rapport à 2024, où l’on recensait 4 526 434 personnes concernées.
Les Algériens, deuxième nationalité pour les premiers titres de séjour
Entre janvier et décembre 2025, la France a délivré 377 462 premiers titres de séjour toutes nationalités confondues. Sur cet ensemble, 28 531 ont bénéficié à des ressortissants algériens.
Ce résultat traduit un repli de 2,8 % comparé à 2024, année durant laquelle 29 346 premiers titres avaient été accordés aux Algériens. Malgré cette baisse, ils conservent la deuxième place du classement national.
Les Marocains dominent ce palmarès avec 35 585 titres délivrés, contre 36 962 un an plus tôt, soit une diminution de 3,7 %. Les Tunisiens complètent le podium avec 20 598 documents, en recul de 8,4 % sur un an.
Plus de 11 500 acquisitions de la nationalité française par des Algériens
Le rapport du ministère de l’Intérieur signale également un ralentissement des accès à la nationalité française. En 2025, 96 158 étrangers sont devenus Français, contre 101 509 en 2024, soit une baisse de 5,3 %.
Les trois pays du Maghreb figurent parmi les principaux bénéficiaires de ces naturalisations. Les Algériens se placent au deuxième rang, avec 11 551 acquisitions de la nationalité française enregistrées durant l’année.
La répartition des acquisitions algériennes
Dans le détail, 4 896 acquisitions ont été prononcées par décret et 3 118 par déclaration. À cela s’ajoutent 3 431 acquisitions obtenues par déclaration anticipée.
Les ressortissants marocains occupent la première position de ce classement, avec 13 643 acquisitions comptabilisées. Les Tunisiens ferment la marche du trio maghrébin, totalisant 6 978 nouvelles naturalisations.
Les visas délivrés aux Algériens en net repli
Concernant les visas, la France a émis 2 958 607 documents en 2025, toutes nationalités réunies. Ce volume affiche une progression de 3,5 % par rapport à l’année précédente.
Les visas de court séjour constituent la majorité de ces délivrances, avec 2 666 182 documents accordés, en hausse de 3,9 %. Les visas de long séjour atteignent quant à eux 290 772 unités, soit une croissance modérée de 0,9 %.
Le DSED ne précise pas dans ce rapport la ventilation des visas par nationalité. Les données antérieures du ministère de l’Intérieur révèlent néanmoins une trajectoire distincte pour les demandeurs algériens.
En 2025, 204 242 visas de court et de long séjour ont été octroyés à des ressortissants algériens, un chiffre inférieur à celui de l’année précédente. Cette catégorie recule ainsi de 20 % en un an, à contre-courant de la hausse générale observée en France.
Ces chiffres confirment le poids durable de la communauté algérienne dans le paysage migratoire français, malgré des tendances baissières multiples. Titres de séjour, naturalisations et visas suivent tous une pente descendante, dessinant une évolution qui mérite d’être suivie de près dans les prochaines années.
