Confrontée à une hausse continue des prix des produits de la mer, l’Algérie multiplie les importations de poissons depuis la Tunisie pour approvisionner son marché intérieur. Au premier semestre 2026, ces achats ont franchi le seuil des 10 millions de dollars, signe d’une dépendance croissante envers son voisin de l’Est.
Une flambée des prix qui pousse l’Algérie à importer du poisson
Depuis plusieurs années, le coût des produits halieutiques s’envole sur les étals algériens. Pour tenter de contenir cette inflation et assurer un approvisionnement régulier, le pays s’appuie désormais largement sur les importations.
L’illustration la plus parlante de cette envolée reste la sardine, autrefois surnommée le poisson des ménages modestes. Il y a une vingtaine d’années, son prix dépassait rarement les 100 dinars le kilo.
Aujourd’hui, ce même poisson peut atteindre jusqu’à 1 800 dinars le kilogramme sur certains marchés. Une hausse spectaculaire qui témoigne des tensions pesant sur la filière nationale.
Un littoral étendu mais des ressources sous pression
Bien qu’elle bénéficie d’une façade maritime de plus de 1 600 kilomètres, l’Algérie ne parvient pas à couvrir la totalité de ses besoins. Elle se tourne donc vers la Tunisie pour compléter son offre.
Avec un littoral de 1 300 kilomètres, la Tunisie dispose pourtant d’un espace maritime plus réduit. Elle semble néanmoins favorisée par des courants marins propices à des captures plus abondantes.
L’Algérie, quatrième marché du poisson tunisien
Selon les chiffres récents de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), la Tunisie a écoulé 10 % de la valeur de ses exportations halieutiques vers l’Algérie durant le premier semestre 2026. Ce résultat positionne le marché algérien au quatrième rang des débouchés du poisson tunisien.
L’Italie demeure de loin le principal client de la Tunisie, absorbant à elle seule 37 % de la valeur exportée. Elle devance l’Espagne, avec 12 %, puis la Libye, qui capte 11 % des ventes.
L’Algérie complète ainsi ce classement avec sa part de 10 %, confirmant l’importance croissante des échanges maritimes entre les deux pays voisins.
Des volumes et une valeur en forte progression
Au cours des six premiers mois de 2026, la Tunisie a exporté environ 14 000 tonnes de produits de la pêche. Ces ventes représentent une valeur globale estimée à 329 millions de dinars tunisiens.
Sur cette même période, allant du 1er janvier au 30 juin 2026, l’Algérie a acheté pour près de 32,9 millions de dinars tunisiens de produits marins. Ce montant correspond à plus de 11 millions de dollars américains.
La pêche tunisienne affiche un excédent commercial solide
Le secteur halieutique tunisien a dégagé un excédent commercial supérieur à 66,7 millions de dinars durant ce premier semestre 2026. Une performance qui traduit la vitalité de cette filière stratégique pour l’économie du pays.
Cet excédent s’accompagne d’une progression de 2,9 % en volume et de 1,9 % en valeur sur un an. La dynamique reste donc positive malgré un contexte régional exigeant.
Des importations tunisiennes également en hausse
Parallèlement à ses ventes, la Tunisie voit ses propres achats de produits de la mer augmenter. Ils progressent de 7,3 % en volume et de 4,6 % en valeur par rapport à l’année précédente.
La majeure partie de ces importations, soit 82 % des quantités, est orientée vers la transformation industrielle. Le reste alimente le marché local et soutient le bon fonctionnement de l’ensemble de la filière halieutique.
Ces échanges croissants illustrent l’interdépendance grandissante entre l’Algérie et la Tunisie dans le domaine de la pêche. Alors que les prix continuent de peser sur le pouvoir d’achat algérien, la coopération maritime maghrébine pourrait devenir un levier essentiel pour stabiliser l’approvisionnement de la région.
