Conflit Iran–USA–Israël : le gaz flambe en Europe. L’Algérie redevient stratégique tandis que l’Italie et Edison réévaluent leurs choix.
La guerre américano-israélienne et l’Algérie sur le marché énergétique
Le conflit entre les États-Unis et Israël contre l’Iran, qui a débuté le 21 mars, a des répercussions significatives sur la position de l’Algérie sur le marché énergétique mondial, notamment en Europe. Dans ce contexte, Edison, la branche italienne de la société française EDF (Électricité de France), se trouve confrontée à des défis résultant de sa décision de ne plus dépendre du gaz algérien.
Flambée des prix du gaz en Europe
Après l’Espagne et le Vietnam, c’est l’Italie, le principal importateur de gaz algérien depuis 2022, qui sollicite Alger pour renforcer ses approvisionnements en raison d’une demande croissante. Le prix du gaz a plus que doublé en l’espace de trois mois, passant de 30 à 70 euros par mégawattheure (MWh).
Comme après le début de la guerre russo-ukrainienne en février 2022, l’Italie se tourne vers l’Algérie, son principal fournisseur, pour sécuriser ses livraisons de gaz.
D’après les informations de Bloomberg, Rome est actuellement en pourparlers avec Alger pour augmenter les volumes de gaz naturel qu’elle achète, dans un contexte de baisse des envois en provenance du Golfe en raison des hostilités en cours.
Le ministre de l’Énergie a récemment déclaré que l’Italie a commencé à négocier avec plusieurs pays, y compris les États-Unis, l’Azerbaïdjan et l’Algérie, afin d’assurer la continuité de ses approvisionnements en gaz. En 2026, l’Italie a importé 61,285 milliards de mètres cubes de gaz, dont 32,8 % provenaient d’Algérie, avec laquelle elle est connectée via le gazoduc Transmed.
Les difficultés d’Edison face à la situation en Iran
L’entreprise Edison, une filiale italienne du groupe énergétique français EDF, fait face à des complications suite à la décision du Qatar de diminuer de 17 % sa capacité de production après les attaques iraniennes sur son territoire. Edison fournit environ 10 % de la demande annuelle de gaz en Italie, grâce à un contrat à long terme avec QatarEnergy pour 6,4 milliards de m³ de gaz par an, selon des sources.
Cependant, la société a décidé de réduire ses approvisionnements en gaz algérien. Le 9 septembre dernier, elle a annoncé une réduction de ses importations de gaz via le gazoduc d’Algérie (un milliard de m³) et de Libye (4 milliards de m³), favorisant plutôt le GNL américain. Avec la guerre en Iran, se pourrait-il qu’Edison reconsidère sa stratégie ?