Le port de Marseille est désormais au cœur d’un dispositif renforcé visant les ferries vers l’Algérie et le Maghreb. Ce 11 septembre, une nouvelle opération baptisée « ligne bleue » a placé sous haute surveillance les passagers voyageant en voiture au départ de la France vers Alger. Les autorités traquent en priorité les véhicules volés en partance pour l’Afrique du Nord.
Une opération relancée trois mois après un premier dispositif
L’initiative n’est pas inédite. En juin dernier, une première opération du même type avait déjà été déployée au port marseillais. Son objectif : bloquer les réseaux qui exportent des voitures dérobées vers l’Algérie, le Maroc et la Tunisie.
Ce jour-là, les forces de l’ordre inspectaient méticuleusement chaque véhicule tentant d’embarquer à bord d’un ferry en direction de la capitale algérienne. Trois mois plus tard, la police a donc décidé de reconduire ce contrôle renforcé.
Cette seconde vague poursuit exactement la même logique. Les agents restent concentrés sur la recherche de voitures volées destinées à quitter le territoire français vers le Maghreb, en scrutant certaines catégories bien précises de véhicules.
Trafic de voitures volées : la police intensifie les contrôles au port de Marseille
Tous les automobilistes ne sont pas surveillés avec la même attention. Les conducteurs présentaient davantage de risques d’être contrôlés lorsqu’ils circulaient dans une voiture neuve ou âgée de moins de quatre ans.
Les modèles arborant une plaque d’immatriculation provisoire rose (WW) attiraient tout particulièrement l’œil des enquêteurs. Étaient également ciblés les véhicules en location ou encore enregistrés au nom d’un organisme de crédit.
Un bilan chiffré marqué par plusieurs interpellations
Au terme de cette opération, les policiers ont examiné 73 véhicules et vérifié la situation de 92 voyageurs. Un homme a été interpellé au volant d’une Porsche volée, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la Tunisie.
Les agents ont par ailleurs récupéré un vélo dérobé, transporté sur le toit d’une automobile, et arrêté un individu soupçonné du vol d’un scooter. Le contrôle a donc révélé plusieurs infractions au-delà du seul trafic automobile.
D’autres sanctions ont été prononcées sur place. Un voyageur a écopé d’une amende forfaitaire délictuelle pour conduite sans permis. Un second a été verbalisé pour un manquement à ses obligations déclaratives portant sur une somme de 13 900 euros.
Un point de passage stratégique pour les réseaux
Le port phocéen est régulièrement décrit comme une porte de sortie privilégiée pour l’exportation illégale de véhicules vers l’Afrique du Nord. Cette réputation justifie la mobilisation de moyens conséquents lors de chaque opération.
Pour mener à bien ce contrôle, les policiers ont bénéficié de renforts extérieurs. Les douanes, un chien spécialisé dans la détection des stupéfiants et un représentant de la société ARGOS, mandatée par les assureurs, ont épaulé les équipes sur le terrain.
Perquisitions dans les garages du centre de Marseille
L’opération « ligne bleue » du 11 septembre ne s’est pas limitée aux abords des ferries. Elle a également concerné plusieurs garages du quartier des Grands Carmes, situé dans le 2e arrondissement de la cité phocéenne.
Toujours dans l’objectif de démanteler les filières d’exportation de véhicules volés vers le Maghreb, les enquêteurs ont inspecté cinq ateliers de mécanique automobile et deux-roues. Ces descentes visaient à remonter les circuits illégaux.
Un scooter volé et des travailleurs sans papiers
Les vérifications ont porté leurs fruits dans l’un des établissements contrôlés. Les policiers y ont saisi un scooter dérobé ainsi qu’une somme de 22 000 euros en liquide.
Au sein de ce même garage, les agents ont constaté que neuf salariés étaient des ressortissants étrangers en situation irrégulière sur le sol français. L’atelier fait désormais l’objet d’une procédure de fermeture administrative pour travail dissimulé.
Ces contrôles renforcés au port de Marseille traduisent une volonté claire de couper les routes d’exportation des voitures volées vers l’Algérie et le reste du Maghreb. Entre saisies, interpellations et fermeture d’un garage, le dispositif « ligne bleue » confirme la pression exercée sur ces réseaux. Reste à savoir si de nouvelles opérations viendront prolonger cette offensive dans les mois à venir.




