Algérie Ferries : un retard de 24 heures sur la ligne Alger – Marseille
Le début de l’été s’était pourtant déroulé dans des conditions acceptables. Quelques annulations et réajustements de programme, sans plus. Mais à l’approche de la rentrée, la situation s’est nettement dégradée sur les liaisons maritimes vers l’Europe du Sud.
La traversée Alger – Marseille illustre parfaitement ce désordre. Le départ, initialement fixé au 23 août à 6 heures, n’a finalement eu lieu que le lendemain à la même heure. Soit une journée complète perdue pour les passagers concernés.
« Le départ a été effectué le 24 août à 6 h. Nous avons donc subi un retard de 24 heures », rapporte un voyageur dans un témoignage publié le mardi 25 août sur un groupe Facebook dédié aux usagers de la compagnie.
Des cabines supprimées et des familles abandonnées dans les couloirs
Le retard n’a été que le premier maillon d’une longue série de problèmes. Selon ce même passager, la gestion des cabines au port d’Alger a constitué une difficulté « encore plus grave » que l’attente prolongée.
De nombreuses familles voyageant avec de très jeunes enfants se sont retrouvées sans hébergement à bord. Contraintes de s’installer dans les coursives du navire, elles ont passé près de deux jours de traversée dans des conditions particulièrement pénibles.
« Des mères en pleurs, incapables d’allaiter leurs bébés »
Le témoignage évoque une scène particulièrement bouleversante à bord du ferry. Faute d’espace privé, plusieurs mères n’ont pas pu nourrir leurs nourrissons dans des conditions dignes.
« Des mères qui devaient allaiter leurs bébés étaient en pleurs. Complètement stressées et désemparées, elles ne pouvaient pas allaiter leurs bébés dans des espaces publics et dans de telles conditions », confie le voyageur, visiblement marqué par ces images.
Des remboursements partiels qui ne calment pas la colère des passagers
Au-delà de l’inconfort, ce fiasco a eu des répercussions concrètes sur la vie professionnelle des voyageurs. Plusieurs d’entre eux ont perdu une journée de travail sans pouvoir prévenir leurs employeurs à temps.
« Nous n’étions pas informés correctement de l’horaire de départ du navire, qui n’a finalement eu lieu que le lendemain à 6 h », déplore le passager, qui qualifie l’ensemble de ces conditions d’« indignes ».
Une autre traversée d’Algérie Ferries a connu un scénario tout aussi chaotique. Une passerelle extérieure défectueuse a bloqué des centaines de voyageurs à bord. Arrivés au port de Marseille le lundi 24 août à 17 heures, ils patientaient encore dans le navire à 23 heures.
Des réservations modifiées sans prévenir
Sur ce même bateau, plusieurs dizaines de passagers dénoncent des changements de dernière minute concernant leurs réservations. Beaucoup avaient réglé une cabine ou une couchette bien avant le départ d’Alger.
Une fois à bord, ils ont découvert que leurs emplacements avaient été modifiés. Les prestations réellement fournies ne correspondaient plus à celles achetées au moment de la réservation.
Le navire El Djazair II frôle la gare maritime de Marseille
Une passagère raconte avoir payé une cabine pour son voyage retour. À son arrivée sur le bateau, on lui a annoncé que sa réservation était annulée et qu’elle serait relogée en couchette.
« Beaucoup de passagers ont eu ce problème », précise-t-elle. Pour compenser ce déclassement, la compagnie a proposé des remises comprises entre 30 et 50 % aux voyageurs lésés.
Ce geste commercial n’a toutefois pas suffi à apaiser les esprits. « Je ne vous raconte pas l’état des couchettes, surtout que nous avons payé initialement pour une cabine », souligne cette même passagère, restée profondément insatisfaite.
Un incident de manœuvre évité de justesse
Lors de son arrivée au port de Marseille à 17 heures, le navire El Djazair II aurait failli heurter le bord de la gare maritime. « Il est 23 h 30 et le bateau est encore en train de tourner », témoignait alors la voyageuse.
« Nous avons attendu cinq heures sans la moindre information », ajoute-t-elle, corroborant le récit des autres passagers. Le manque de communication a accentué le sentiment d’abandon ressenti à bord.
D’après le site de suivi maritime Vesselfinder, le navire El Djazair II a quitté Marseille ce mardi matin en direction d’Oran. L’incident n’a donc entraîné aucun dégât matériel, le ferry devant assurer normalement sa prochaine liaison entre Oran et Alicante. Ces multiples dysfonctionnements relancent néanmoins le débat sur la qualité du service d’Algérie Ferries en pleine période de forte affluence.