Une famille algérienne menacée d’expulsion mobilise associations et citoyens à Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. Installés en France depuis 2019, les parents et leurs quatre enfants risquent de se retrouver à la rue. Plusieurs collectifs ont lancé un appel à la mobilisation dès ce jeudi 16 juillet.
Une famille algérienne menacée d’expulsion près de Rouen
Le couple et ses quatre enfants occupent un logement à Saint-Étienne-du-Rouvray depuis plusieurs années. Leur demande de régularisation ayant été rejetée, ils font désormais l’objet d’une procédure d’expulsion.
Depuis plusieurs jours, le Réseau Éducation Sans Frontières (RESF) et la Confédération syndicale des familles (CSF) se sont mobilisés. Des habitants du quartier se sont également joints au mouvement pour soutenir cette famille.
Ce qui inquiète particulièrement les bénévoles, c’est la présence de quatre enfants, dont un adolescent autiste bénéficiant d’un suivi médical régulier. Leur avenir constitue le cœur des préoccupations.
Aucune solution d’hébergement pérenne
Les associations pointent l’absence d’une véritable alternative de logement. D’après elles, le Service intégré d’accueil et d’orientation (SIAO) n’aurait offert qu’une prise en charge de six nuits en hôtel.
Une telle proposition laisse craindre une mise à la rue dès la semaine suivante. Pour éviter ce scénario, un rassemblement a été organisé jeudi matin dès 6 heures, devant l’immeuble de la famille.
Les manifestants réclament la suspension immédiate de la procédure et l’ouverture d’une solution de relogement durable. Ils veulent alerter les autorités sur l’urgence de la situation.
Un adolescent autiste au centre des inquiétudes
Mounir, 14 ans, concentre l’attention des soutiens de la famille. Atteint d’autisme, le jeune garçon est accompagné par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).
Il bénéficie également d’un suivi spécialisé au CHU de Rouen, en raison d’un retard de croissance. Cette prise en charge médicale reste essentielle à son équilibre et à son développement.
Son père, Boumédiène, indique avoir quitté l’Algérie en 2019 pour permettre à son fils d’accéder à des soins adaptés. Depuis leur arrivée, l’adolescent a connu une nette progression grâce aux soins et à la scolarisation.
Un parcours menacé d’interruption
Aujourd’hui, Mounir espère poursuivre ses études et envisage même de devenir menuisier. Ce projet illustre les progrès accomplis depuis son installation dans la région rouennaise.
Pour Françoise Grün, bénévole de la CSF, briser ce parcours serait dramatique. Elle rappelle que le jeune garçon, autrefois très replié sur lui-même, a gagné en autonomie grâce à son encadrement médical et éducatif.
Une expulsion signifierait, selon les associations, l’interruption brutale d’un accompagnement construit sur plusieurs années. Elles redoutent des conséquences lourdes sur la santé de l’adolescent.
Une régularisation refusée malgré les démarches
La préfecture a rejeté la demande de titre de séjour déposée par le père de famille. Selon l’administration, ce dernier ne disposerait pas de ressources financières suffisantes.
Les critères d’intégration exigés ne seraient pas non plus remplis, d’après les éléments avancés. Ce refus place la famille dans une situation administrative particulièrement précaire.
Les défenseurs de la famille dénoncent un véritable engrenage. Privé d’un titre de séjour, Boumédiène ne peut occuper un emploi déclaré, ce qui réduit ses revenus.
Un cercle vicieux administratif
Cette absence de ressources fragilise à son tour toute nouvelle demande de régularisation. Le père se retrouve ainsi enfermé dans une logique qui semble sans issue.
Pour subvenir aux besoins de sa famille et régler son loyer, il affirme accepter des petits travaux ponctuels. Ces missions restent toutefois irrégulières et insuffisantes pour stabiliser leur situation.
Les associations estiment que ce mécanisme illustre les impasses rencontrées par de nombreuses familles sans papiers. Les exigences administratives entrent souvent en contradiction avec la réalité du terrain.
Entre impératifs administratifs et situations sensibles
Alors que l’expulsion était annoncée pour ce jeudi, les soutiens de la famille plaident pour une approche humanitaire. Ils insistent sur la fragilité médicale de l’adolescent et la présence de quatre enfants.
Cette affaire relance le débat sur le traitement des familles étrangères visées par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Nombre d’entre elles se heurtent à des procédures rigides malgré des contextes sociaux et médicaux délicats.
Le cas de cette famille algérienne rappelle la tension permanente entre le cadre juridique et les réalités humaines. Il pose la question de la place accordée aux situations les plus vulnérables dans les décisions d’éloignement.
À travers cette mobilisation, associations et citoyens espèrent obtenir un sursis et une solution durable. Leur combat met en lumière les difficultés persistantes des familles maghrébines confrontées aux rouages de l’administration française.

