La déclaration des devises en Algérie connaît une refonte majeure avec un nouvel arrêté ministériel paru au Journal officiel ce jeudi 23 juillet. Ce texte redéfinit les modalités applicables aux voyageurs, qu’ils soient résidents ou non-résidents. Il fixe également un modèle de déclaration officiel destiné à encadrer les mouvements de monnaie aux frontières.
Signée par le ministre des Finances Abdelkrim Bouzred, cette réglementation vise à aligner les pratiques nationales sur les standards internationaux. Elle répond aux exigences en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Déclaration des devises en Algérie : quels biens sont concernés ?
L’obligation de déclaration ne se limite pas aux simples billets de banque transportés par les voyageurs. Elle englobe un large éventail de valeurs et d’instruments financiers circulant aux frontières algériennes.
Sont ainsi visés les billets et pièces de monnaie, mais aussi tous les moyens de paiement au porteur. La liste inclut également les effets de commerce et les titres de créance négociables, endossables ou au porteur.
Enfin, l’arrêté impose la déclaration des métaux précieux et des pierres précieuses détenus par les voyageurs. Ce périmètre élargi témoigne de la volonté des autorités de tracer l’ensemble des avoirs sensibles.
Comment effectuer sa déclaration de monnaie aux frontières
La déclaration doit obligatoirement être formulée par écrit lors de l’entrée ou de la sortie du territoire national. Les voyageurs s’adressent au bureau des douanes situé au point de passage concerné.
Le texte privilégie désormais la dématérialisation de cette procédure. Les voyageurs sont invités à remplir leur déclaration essentiellement par voie électronique, avant même leur arrivée au poste douanier.
Les règles spécifiques aux non-résidents
L’article 7 de l’arrêté encadre le cas des voyageurs non-résidents qui repartent avec des sommes importées mais non dépensées. À la sortie, ils doivent présenter aux douanes la déclaration souscrite à leur arrivée.
Ce document doit être visé par un guichet de la Banque d’Algérie, une banque intermédiaire agréée ou un bureau de change. Ce visa atteste des opérations de change réellement réalisées durant le séjour en Algérie.
Des contrôles renforcés sur l’origine des fonds
La nouvelle réglementation confère aux agents des douanes des prérogatives élargies. Ils peuvent désormais réclamer aux voyageurs toute information ou document jugé pertinent.
Ces demandes portent notamment sur l’origine et la destination des montants et valeurs transportés. Cette disposition vise à mieux détecter les mouvements suspects de capitaux aux frontières.
Déclaration des devises par les voyageurs : l’Algérie modernise sa législation
L’arrêté prévoit la création de bases de données par les Douanes algériennes. Celles-ci recensent l’ensemble des déclarations de monnaie, nationale et étrangère, effectuées par les voyageurs.
Les informations collectées sont particulièrement détaillées. Elles couvrent l’identité et l’adresse du voyageur, en Algérie comme à l’étranger, ainsi que ses documents de voyage.
S’y ajoutent les montants et valeurs déclarés, le lieu de souscription de la déclaration, la provenance et la destination du voyageur. Sont aussi consignés l’origine des fonds et l’identité des bénéficiaires effectifs de ces sommes.
Un partage de données à l’échelle nationale et internationale
Les fichiers ainsi constitués ont vocation à circuler dans un cadre de coopération élargi. Le texte précise qu’ils font l’objet d’échanges et d’exploitation au niveau national comme international.
Les données relatives aux déclarations, mais aussi aux fausses déclarations et aux manquements constatés, sont transmises à un organisme spécialisé. Cette entité est chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
À travers cette réforme, l’Algérie ajuste sa réglementation sur l’exportation des devises par les particuliers. Elle la met en conformité avec la loi antiblanchiment adoptée en 2025. Ce cadre traduit une volonté claire de renforcer la traçabilité des flux financiers et de consolider la crédibilité du pays sur la scène internationale.